dimanche 27 mai 2007

Au marché

J'ai profité de mon temps libre pour aller au marché ce matin. Et si on peut penser qu'il s'agit d'une partie de plaisir, la balade peut virer a l'auto-supplice! Il vaut mieux partir le ventre bien accroché pour braver toutes les odeurs!... C'est d'ailleurs toujours mieux d'y aller le matin, car la chaleur ne s'est pas encore trop accumulée sous les toles du marché et les produits sont encore un peu frais. J'arrive devant le marché couvert et cherche un itinéraire pour éviter de passer devant les étals de poisson et de viande. Je préfere les fruits et légumes; ils sont moins odorants! Apres avoir fait quelques détours, en passant devant les épices et les fruits séchés, me voici devant les marchands de fruits. Il y a une quantité impressionnante d'étals où la nourriture abonde et où les fruits entassés forment des piles multicolores. Les gens s'agglutinent devant la marchandise pour la tater et comparer les prix .Il y a de quoi saliver en voyant les mangues, les ananas, les bananes, les lichis, les "Jack fruits", les durians ou les star fruits, et tous les autres fruits dont je ne retiens pas les noms. On trouve aussi des fruits importés comme des pommes, des poires ou du raisin.
Je continue ma balade en me dirigeant vers les légumes. Ils se trouvent sous les toles du marché couvert, ce qui rend l'endroit un peu moins sympathique. Mais, là encore, explosion de couleurs et papilles stimulées... Les concombres ont une tête un peu différente de ce qu'on a l'habitude de voir, mais on reconnait quand même bon nombre de légumes. On tombe néanmoins sur des racines ou sur des tubercules qu'on ne consomme pas chez nous, ou encore sur d'autres especes non identifiables. Les legumes les plus colorés sont les piments et chilis. Ils brillent tant ils regorgent de saveurs épicées... Les plantes aromatiques sont aussi nombreuses et agrémentent tous les plats malais.















Finalement, je me décide à prendre mon courage à deux mains pour braver les odeurs de viande et de poisson. Je me faufile entre la foule et les étals serrés les uns contre les autres tout en évitant les nombreuses flaques d'eau, les fruits écrasés ou les divers déchets. J'ai bien fait de venir en claquettes, ce sera plus facile a nettoyer! Je m'engouffre dans les dédales du marché tres sombre en essayant de regarder par terre, en haut, à droite et à gauche en meme temps. Tantot, je passe devant un marchand de poissons, tantot devant des coquillages ou autres fruits de mer. Certains poissons s'agitent et cherchent a s'échapper du plat dans lequel ils ont été posés. Plus loin, je me fais surprendre par les bruits de hache sur des bouts de viande, ou par celui des volailles qu'on égorge. On pend les pieces de boeuf ou de mouton pour attirer la clientele et on me demande quel morceau de viande je souhaite pour qu'on me prépare. La nourriture est posée dans des assiettes ou des grands plats, sans lit de glace. Les chats s'étendent sur les planches de bois qui font office de présentoir, juste à coté des morceaux de viande... Les badauds ont l'air de faire des affaires et s'en vont avec des poches remplies de provisions.

J'aurai du mal à me décider aujourd'hui tant je crains pour ma santé. Tant pis, je repars les mains vides, heureuse de m'être impregnée de la joyeuse atmosphere et de l'agitation des commercants et fiere d'avoir défier sans trop de peine les odeurs et la foule. Je passerai sans doute sur le chemin du retour au supermarché pour m'acheter ce dont j'ai besoin. Peut-etre irai-je même jusqu'a Carrefour pour être sure de ce que j'achete!!!...

mardi 22 mai 2007

La rue...

Ca peut paraitre banal ou bizarre de parler de la rue, mais il y a tellement de choses à dire, car chaque rue de Kuala Lumpur révèle une partie du fonctionnement de la ville et son agitation montre son grand dynamisme. Finalement, même en pleine ville, c'est aussi un peu la jungle. On y cotoie des dangers à chaque instant.
Voici le quotidien d'un piéton car c'est parfois un vrai sport d'être bipède dans cette ville. A chaque fois que l'on veut traverser, on ne sait jamais si on arrivera vivant de l'autre coté de la chaussée!!Il faut souvent s'arrêter au milieu de la rue pour laisser passer des mobylettes qui arrivent à pleine vitesse. Les 2 roues sont reines ici. Il y en a partout, même sur les autoroutes qui traversent la ville! Jamais je n'oserai monter sur ces bécanes tant il faut se faufiler dans le flot des voitures, souvent bloquées par trop de circulation et qui freinent sans raison ou changent de file sans se soucier des voitures qui arrivent derriere!!!...









Mais pourtant, se déplacer en 2 roues est un des moyens les plus efficaces pour arriver avant tout le monde. Le vélo serait beaucoup plus écologique, mais surtout beaucoup trop dangereux. Je n'ai d'ailleurs pas vu beaucoup de cyclistes. Les plus téméraires ont déja du faire les frais de leur audace et de l'intense circulation...Il faut aussi faire attention où on met les pieds. Les trottoirs sont jonchés de plaques branlantes qui comblent les trous, de pavés désossés ou encore de bouches d'égouts dont les cafards raffolent la journée pour échapper à la chaleur, mais qui ressortent dès le coucher de soleil...
On croise aussi d'autres bêtes. Les chats miséreux et maigrelets sont les plus fréquentes. Ils occupent leurs journées à errer pour essayer de trouver de quoi se nourrir. Ils doivent souvent se partager les tas d'ordures laissés à l'abandon dans les rues désertées avec les rats, souvent plus gros qu'eux! Par chance, je n'ai pas encore croisé de rats vivants. J'ai juste manqué de piétiner un rat déja écrasé au milieu d'une ruelle.

Mais qu'est ce qui est le plus désagréable en définitive? Est-ce le bruit incessant des clim' ajouté à celui des dizaines de mobylettes qui roulent à toute allure et à celui des cris des vendeurs de fruits ou autre nourriture?









Est-ce les regards pesants des hommes qui ne se gênent pas pour dévisager les blanches ou de les saluer avec une idée derriere la tête? (la blondeur ajoute aussi un peu plus de chance de se faire observer avec lourdeur) Est-ce aussi la lenteur du pas des malaisiens qui ne connaissent pas le mot rapidité? Non, finalement, le pire doit être les odeurs. Le parfum ambiant est mêlé de gaz d'échappements, d'odeurs de poissons séchés, de fruits fort odorants, des cuisines des mamaks (restaurants mi plein air, qui n'ont rien à envier aux restaurants étoilés sauf sans doute pour la cuisine locale) et encore des égouts qui empestent d'autant plus que la température augmente.Finalement, il n'y a pas que les paysages magnifiques, les iles paradisiaques et les cocotiers en Malaisie, il y a aussi le quotidien et la forte croissance du pays qui fait que beaucoup de choses ne suivent pas. Mais le jour où le pays sera plus en avance que notre vieille France approche à grands pas...

mardi 15 mai 2007

Dans la jungle, terrible jungle...

Enfin, j'ai pu m'aventurer dans ce qu'on dit être la plus belle région de Malaisie: les Cameron Highlands. C'est aussi l'endroit le plus frais (pas plus de 25 degrés) car l'altitude moyenne se situe autour de 1 200 - 1 800 mètres. Le plus haut sommet monte même jusqu'a 2 000m. Je n'ai pas eu la chance d'y grimper, mais j'ai randonné sur les monts environnants. En 7 heures de trek, j'ai eu le temps de voir quantité de choses: plantations de thé, jungle profonde, faune et flore locales, cascades isolées, ...
Marcher dans la jungle n'était pas si désagréable que ca. Moi qui avait peur de croiser des tas d'araignées, scorpions ou serpents, je n'ai vu que des moustiques et des termites! Comme quoi, la jungle n'est pas si hostile que ca! C'était même plutot agréable d'y randonner, car j'avais l'impression de marcher sur un tapis de mousse et l'air était frais et pur. Par contre, il serait facile de s'y perdre sans un bon guide. Le mien aurait pu marcher les yeux fermés tant la jungle est son milieu naturel! Il nous a montré aussi beaucoup de plantes, de fleurs ou autres espèces vivantes que nous n'aurions jamais vu par nous mêmes! Les chemins étaient souvent à peine tracés, ou étaient tellement étroits que nous pouvions difficilement y passer. Et il a aussi fallu enjamber des troncs d'arbres, marcher dans des petits ruisseaux, débrouissailler le passage et se méfier des lianes trop longues! Quelle aventure!









J'ai profité de mon samedi apres-midi pour m'inscrire à un tour pour visiter le coin et les nombreuses fermes. Au programme, temple chinois-bouddhiste, plantations de roses, jardins, plantation de thé, culture de fraises, ferme aux papillons et aux insectes. J'y ai vu toutes les espèces de bêtes qui vivent dans la region: scorpions, scarabées, araignées (j'avoue que j'ai passé mon chemin sans les regarder), phasmes et autres espèces qui se fondent dans la nature, tortues, etc etc.

Ce qui marque le plus je crois, ce sont ces étendues de thés sur les collines, qui ne peuvent être plus vertes et qui inspirent le calme et la sérénité.


J'y retournerai. Même si la route est longue et donne parfois la nausée (2 heures de montée en lacets), ca en vaut la peine, car l'endroit est magique et si différent de ce qu'on a l'habitude de voir dans nos contrées tempérées.

jeudi 10 mai 2007

Week end à Malacca

Après le travail du samedi matin, quoi de meilleur que d'aller se balader dans une petite ville portuaire pas très loin de KL? Direction donc Malacca (ici, on dit Melaka) pour y passer le weekend avec Julien, lieu bien connu des amateurs d'histoire et surtout réputé comme repere des pirates... Apres 2 heures de bus, nous y voila. A l'arrivée a la gare routiere, un chauffeur de taxi nous saute dessus. On en profite pour monter dans sa voiture trop climatisée et pour aller jusqu'au petit hotel qu'on avait réserve. Ce n'est certes pas un tres grand hotel, mais il a l'air propre (pas de cafards, pas trop de moisissures dans la salle de bains et les draps propres) et le gérant est aussi tres sympa. On prend le temps de poser nos affaires, et aussi d'attendre un peu de fraicheur avant d'aller explorer la ville. On se dirige dans un premier temps tout droit vers le centre historique pour arriver sur la place centrale, ou on se croirait en Europe. (comparé au type de batiments qu'on trouve partout en Malaisie)
Les néerlandais ont laissé quelques traces de leur passage avec leurs batiments et quelques noms hollandais sont aussi restés. Dans une petite église en ruine, on trouve pleins de stelles de marins noyés mais aussi d'anciens colonisateurs, et la plupart des noms sont hollandais. Certaines de ces stelles témoignent d'ailleurs de l'époque ou les pirates devaient faire des ravages...









Le panorama depuis l'église, perchée sur une colline, est fantastique. On pourrait peut-etre meme percevoir les rivages indonésiens qui ne sont qu'a quelques heures de bateau. On ne voit cependant que le détroit, grande "auto-mer" et le plus loin qu'on puisse distinguer, c'est le large encombré de gros cargos-conteneurs, de navires remplis de marchandises ou encore de plate-formes pétrolieres. N'essayons pas d'imaginer l'état de pollution de l'eau, tant les dégazages doivent etre fréquents... Pas étonnant qu'il n'y ait pas de plages dans la ville, d'autant plus que les égouts doivent tous etre rejetés ici, avant même d'avoir été traités...

D'autres européens ont aussi débarqué jadis sur ces rivages et ont marqué la ville pour les siècles à venir. Les portugais ont su bien s'installer, leur quartier survit d'ailleurs toujours, même si aujourd'hui la population est beaucoup plus métissée qu'au temps des 1ers colonisateurs. J'ai entendu dire que c'est ici qu'on trouverait la meilleure cuisine du pays, car elle est faite de judicieux mélanges entre cuisine malaise, chinoise mais aussi et surtout de cuisine portugaise. A part la cuisine, peu de témoignages de l'occupation portuguaise subsistent; certains bâtiments portugais n'ont pas résisté à l'invasion britannique. Voici juste ce qu'il en reste.

C'est cependant la grosse attraction touristique et ce qui fait venir les visiteurs de la région mais aussi tous les étrangers en vadrouille.

Les anglais n'ont pas beaucoup laissé de traces. Ils se sont seulement contentés de détruire quelques constructions portugaises et ont pris le controle de la ville déja bien développée a l'époque (merci les copains européens!)

Mais n'oublions pas, les chinois ont toujours été la. Quelques mètres plus loin de ce spot historique et touristique, Chinatown. On a eu de la chance d'y venir le samedi soir, car la rue principale était très animée entre le marché nocturne artisanal ou les karaokés géants.










Le must a quand même été le spectacle d'un maitre kung-fu de Singapour. Son spectacle au milieu de la rue a duré 2 heures. Ce petit homme de 53 ans avait une pêche d'enfer et n'a presque pas cessé de parler ou de nous époustoufler tantot en avalant du feu ou en le crachant, tantot en ouvrant une noix de coco avec la seule force d'un de ses index et grace à tout un travail de concentration, assez impressionnant je dois dire.
Blancs au milieu des nombreux badauds typés asiatique, on s'est très vite fait repéré et Julien a servi de bête de cirque tout au long du spectacle. Le maitre le sollicitait tout le temps en lui parlant, en lui demandant de lui rendre des services ou en lui offrant la possibilité de s'exercer à l'art bien particulier du lancer de cartes ou du fouet.

On a beaucoup ri, même si on n'a pas vraiment compris tout ce qui était dit; on est encore loin de maitriser le chinois! On a par contre bien compris que le gars cherchait surtout à vendre ses produits issus de médecine chinoise contre la douleur. A plusieurs reprises, il nous a fait de la réclame et a même entrainé la foule dans une fièvre acheteuse! Le stock n'était pas loin d'être écoulé. Voila ce qu'on appelle un bonimenteur, mais qui a du gagner largement de quoi s'acheter à manger pour au moins une semaine!...

Après cette petite distraction, nous sommes entrés dans une boutique pour nous acheter quelques pantalons de pêcheurs indonésiens, non pas pour nous fondre dans la masse, mais car ils sont extrêment confortables et sont parfaits pour ne pas trop souffrir de la chaleur ambiante.


Le lendemain a été surtout l'occasion de profiter de l'air et de la fraicheur des arbres. Puis on a croisé des francais sacs sur le dos qui ont engagé la conversation. On a finalement déjeuné ensemble puis on est allé sur une petite ile a pied, sans grand intéret. Elle était déserte, sans vie, mais construite entièrement de bâtiments qui n'ont jamais été achevés. Personne n'y habite. Pourtant, la mosquée a fini d'être construite et attire quelques musulmans. Très étrange, mais il n'est pourtant pas si rare de voir des constructions à l'abandon par manque d'argent ou à cause de la faillite du promoteur. On trouve donc des bâtiments fantomes un peu partout et il ne fait pas vraiment bon s'y aventurer.

Le weekend s'achève; retour à la grosse ville bruyante, polluée, sans air, et très fréquentée... vivement le prochain break pour s'échapper de cette vie agitée...





dimanche 6 mai 2007

Vive les jours feriés

Comme partout, le jour du travail est à peu près respecté (à peu près car les chinois ne savent pas s'arrêter de travailler). Mais le 1er mai étant aussi un jour de fête pour les bouddhistes (on y célèbre la naissance, l'illumination et la mort de Bouddha, oui oui, tout ca le même jour!), le gouvernement a declaré le 2 mai également ferié pour éviter que les 2 fêtes ne tombent le même jour!

C'était donc l'occasion de sortir un peu de la ville et d'aller visiter "Batu Caves", lieu de culte hindou .La grotte est immense, perchée en haut de quelques 272 marches! Le gros rocher qui abrite la grotte nous protège de la chaleur et fait de l'endroit un lieu très agréable. D'autant plus que l'on peut y voir de nombreuses représentations de divinités et divers petits autels et temples.
Mais comme d'habitude, les singes sont l'attraction la plus drole et divertit les touristes. Seuls les plus croyants ne se laissent pas perturber par les nombreux primates.

Même pays, mais autres gens d'autres confessions. La fête bouddhiste était haute en couleur et parfois d'ailleurs très kitsch!...
Cette petite fête a permis à la communauté bouddhiste de se rassembler, mais elle n'a pas empeché de nous accueillir à bras ouverts et à nous offrir à boire et à manger. Au programme aussi de la soirée: prières, musiques, voeux, dons et autres choses dont on ne comprend pas le pourquoi du comment!