jeudi 10 mai 2007

Week end à Malacca

Après le travail du samedi matin, quoi de meilleur que d'aller se balader dans une petite ville portuaire pas très loin de KL? Direction donc Malacca (ici, on dit Melaka) pour y passer le weekend avec Julien, lieu bien connu des amateurs d'histoire et surtout réputé comme repere des pirates... Apres 2 heures de bus, nous y voila. A l'arrivée a la gare routiere, un chauffeur de taxi nous saute dessus. On en profite pour monter dans sa voiture trop climatisée et pour aller jusqu'au petit hotel qu'on avait réserve. Ce n'est certes pas un tres grand hotel, mais il a l'air propre (pas de cafards, pas trop de moisissures dans la salle de bains et les draps propres) et le gérant est aussi tres sympa. On prend le temps de poser nos affaires, et aussi d'attendre un peu de fraicheur avant d'aller explorer la ville. On se dirige dans un premier temps tout droit vers le centre historique pour arriver sur la place centrale, ou on se croirait en Europe. (comparé au type de batiments qu'on trouve partout en Malaisie)
Les néerlandais ont laissé quelques traces de leur passage avec leurs batiments et quelques noms hollandais sont aussi restés. Dans une petite église en ruine, on trouve pleins de stelles de marins noyés mais aussi d'anciens colonisateurs, et la plupart des noms sont hollandais. Certaines de ces stelles témoignent d'ailleurs de l'époque ou les pirates devaient faire des ravages...









Le panorama depuis l'église, perchée sur une colline, est fantastique. On pourrait peut-etre meme percevoir les rivages indonésiens qui ne sont qu'a quelques heures de bateau. On ne voit cependant que le détroit, grande "auto-mer" et le plus loin qu'on puisse distinguer, c'est le large encombré de gros cargos-conteneurs, de navires remplis de marchandises ou encore de plate-formes pétrolieres. N'essayons pas d'imaginer l'état de pollution de l'eau, tant les dégazages doivent etre fréquents... Pas étonnant qu'il n'y ait pas de plages dans la ville, d'autant plus que les égouts doivent tous etre rejetés ici, avant même d'avoir été traités...

D'autres européens ont aussi débarqué jadis sur ces rivages et ont marqué la ville pour les siècles à venir. Les portugais ont su bien s'installer, leur quartier survit d'ailleurs toujours, même si aujourd'hui la population est beaucoup plus métissée qu'au temps des 1ers colonisateurs. J'ai entendu dire que c'est ici qu'on trouverait la meilleure cuisine du pays, car elle est faite de judicieux mélanges entre cuisine malaise, chinoise mais aussi et surtout de cuisine portugaise. A part la cuisine, peu de témoignages de l'occupation portuguaise subsistent; certains bâtiments portugais n'ont pas résisté à l'invasion britannique. Voici juste ce qu'il en reste.

C'est cependant la grosse attraction touristique et ce qui fait venir les visiteurs de la région mais aussi tous les étrangers en vadrouille.

Les anglais n'ont pas beaucoup laissé de traces. Ils se sont seulement contentés de détruire quelques constructions portugaises et ont pris le controle de la ville déja bien développée a l'époque (merci les copains européens!)

Mais n'oublions pas, les chinois ont toujours été la. Quelques mètres plus loin de ce spot historique et touristique, Chinatown. On a eu de la chance d'y venir le samedi soir, car la rue principale était très animée entre le marché nocturne artisanal ou les karaokés géants.










Le must a quand même été le spectacle d'un maitre kung-fu de Singapour. Son spectacle au milieu de la rue a duré 2 heures. Ce petit homme de 53 ans avait une pêche d'enfer et n'a presque pas cessé de parler ou de nous époustoufler tantot en avalant du feu ou en le crachant, tantot en ouvrant une noix de coco avec la seule force d'un de ses index et grace à tout un travail de concentration, assez impressionnant je dois dire.
Blancs au milieu des nombreux badauds typés asiatique, on s'est très vite fait repéré et Julien a servi de bête de cirque tout au long du spectacle. Le maitre le sollicitait tout le temps en lui parlant, en lui demandant de lui rendre des services ou en lui offrant la possibilité de s'exercer à l'art bien particulier du lancer de cartes ou du fouet.

On a beaucoup ri, même si on n'a pas vraiment compris tout ce qui était dit; on est encore loin de maitriser le chinois! On a par contre bien compris que le gars cherchait surtout à vendre ses produits issus de médecine chinoise contre la douleur. A plusieurs reprises, il nous a fait de la réclame et a même entrainé la foule dans une fièvre acheteuse! Le stock n'était pas loin d'être écoulé. Voila ce qu'on appelle un bonimenteur, mais qui a du gagner largement de quoi s'acheter à manger pour au moins une semaine!...

Après cette petite distraction, nous sommes entrés dans une boutique pour nous acheter quelques pantalons de pêcheurs indonésiens, non pas pour nous fondre dans la masse, mais car ils sont extrêment confortables et sont parfaits pour ne pas trop souffrir de la chaleur ambiante.


Le lendemain a été surtout l'occasion de profiter de l'air et de la fraicheur des arbres. Puis on a croisé des francais sacs sur le dos qui ont engagé la conversation. On a finalement déjeuné ensemble puis on est allé sur une petite ile a pied, sans grand intéret. Elle était déserte, sans vie, mais construite entièrement de bâtiments qui n'ont jamais été achevés. Personne n'y habite. Pourtant, la mosquée a fini d'être construite et attire quelques musulmans. Très étrange, mais il n'est pourtant pas si rare de voir des constructions à l'abandon par manque d'argent ou à cause de la faillite du promoteur. On trouve donc des bâtiments fantomes un peu partout et il ne fait pas vraiment bon s'y aventurer.

Le weekend s'achève; retour à la grosse ville bruyante, polluée, sans air, et très fréquentée... vivement le prochain break pour s'échapper de cette vie agitée...





Aucun commentaire: