mardi 11 septembre 2007

Eloge du retour ou pourquoi je ne pourrais pas vivre en Malaisie...

J'ai attendu ce jour depuis un bon moment! Et pourtant, le retour sera difficile: dur de retrouver une vie antérieure, dur de retrouver les gens qui n'ont pas partagé tous les moments passés ici, dur de se plonger dans un futur proche incertain et pas facile de reprendre un rythme plus "normal"! Le retour sera brutal, abrupt mais nécessaire...

Malgré tout, je suis heureuse de partir d'ici! Sans doute parce que le peuple est trop irrationnel et trop illogique par rapport à mon propre fonctionnement et aussi car la pression sociale exerce une trop forte influence sur les comportements des gens. Privation de liberté, censure, non dits, cloisonnement communautariste - les malais autour de l'autorité religieuse, les chinois autour de l'autorité familiale. L'hésitation entre modernisme et traditions est souvent troublante et mène parfois à la confusion. Difficile de comprendre le fonctionnement de cette société qui se cherche autour d'un peuple multi-culturel souvent raciste qui se côtoie sans vraiment se mélanger.

Parce que la mollesse et la lenteur sont reines, parce que l'efficacité est un concept inconnu ici, parce que le gaspillage est monnaie courante, j'aurai du mal a rester très longtemps ici. Une vie sans hiver, une année sans printemps doivent être aussi bien difficiles à supporter tant le manque de rythme et de changement de saison doit cruellement se sentir!...


L'heure du retour a sonné et avec elle, le moment de saluer des gens qui n'auront fait que passer mais qui auront marqué ce moment de vie. O Malaisie, étape inoubliable de mon chemin, tu m'auras causé bien des chagrins mais tu m'auras surtout apportée bribes de bonheur, sources d'enrichissement, harmonie intérieure et ouverture sur le monde...
Je ne reviendrai sûrement pas, ce serait gâcher les bons moments passés ici qui sont désormais presque inscrits sur mes pages de souvenirs!

Aller de l'avant sans passer trop vite sur le passé... Finalement, c'est bien le présent qui rend le plus heureux!

mardi 4 septembre 2007

Départ

5 mois ont passé vite, et pourtant ils ont été parfois longs! Evoluant entre phases d'euphorie de découvertes à des phases de lassitude tout en changeant d'avis devant la beauté époustouflante des paysages, je suis passée de l'enthousiasme à l'ennui et de l'emerveillement au découragement. Mais finalement, le plus important, c'est que si c'était à refaire, je n'hésiterai pas; je recommencerai la même aventure...

Je n'ai finalement pas vu le jour du départ arriver et ne me suis pas préparée à partir. Cette petite dizaine de jours de transition est agréable. Je me suis envolée de Malaisie pour aller explorer l'ile de Java, en Indonésie, sac au dos et esprit ouvert à de nouvelles expériences!

Finalement, ce blog pourrait ne plus avoir de raison d'être. Je garderai toutefois une dernière page pour le véritable départ, lorsque, de retour éclair à Kuala Lumpur, je m'apprêterai à partir... définitivement cette fois.

lundi 27 août 2007

Festivités

Le 31 août approche. Les drapeaux malaisiens fleurissent partout dans la ville: dans le métro, dans la rue, sur les murs, sur les voitures et dans d'autres endroits insolites, comme dans les bureaux des entreprises et sans doute dans les maisons des fervents patriotes. Vendredi s'annonce être une journée festive; au rythme de la parade et de la cérémonie qui commémorera les 50 ans d'existence du pays. Les hélicoptères et avions missiles s'entraînent sur nos têtes tous les matins depuis quelques jours, les enfants répètent les chorégraphies sur la place de l'indépendance, les forces de l'ordre se préparent. Les tribunes présidentielles sont installées; les chanceux auront une vue magnifique sur l'ensemble du spectacle. Partout résonnent des chansons "nationalistes", depuis le matin dans le métro jusqu'au soir au supermarché. Je crois entendre les mêmes mélodies en boucle. Elles se ressemblent en fait toutes, et chacune d'entre elles doit sûrement faire les plus belles éloges au pays.

La population est aussi très occupée par le mois des "fantômes affamés". Depuis le 14 août, et ce pendant un mois, les esprits de nos ancêtres défunts reviennent sur terre réclamer de la nourriture. Hier soir se sont même ouvertes les portes de l'enfer... Alors, on brûle des feux dans la rue pour les faire fuir, on leur réserve des places aux tables de restaurants, on dépose des offrandes dans un coin de rue pour calmer leur appétit... Il parait que les fantômes peuvent entrer en nous aussi...
Aux yeux d'occidentaux, ces croyances passent pour des lubies, de la folie. Mais ici, il faut les prendre très au sérieux, se retenir de se moquer d'eux. Alors, on écoute, l'esprit curieux et étonné. La persuasion des gens qui nous racontent ces histoires et le ton grave employé quand on nous met en garde des dangers des esprits pourrait presque nous convaincre de la réelle existence des fantômes.

Attention, un séjour trop long en Asie pourrait nous faire changer bien des choses...

samedi 11 août 2007

Pause musicale

"Veux-tu 2 tickets gratuits pour un spectacle musical?" me demande un collègue de travail. Sans hésiter, j'accepte; les occasions culturelles et artistiques sont trop rares ici pour les refuser.
Après m'être renseignée sur le sujet du spectacle - l'histoire du pays depuis ses 50 ans d'indépendance - je propose à une collègue indonésienne de m'accompagner. Mais voilà, j'avais oublié à quel point toute prise de risque était évitée: ma collègue se confond en excuse, est gênée de me refuser mais elle a trop peur de prendre le taxi seule, surtout le soir! J'insiste un peu puisqu'elle m'avoue ne jamais avoir vu ce genre de spectacles, je lui propose de réserver un taxi pour qu'il l'attende à la sortie de la salle. Mais apparemment c'est impossible pour elle car trop dangereux. Elle restera donc seule chez elle, à découvrir le monde en regardant les 4 murs de sa chambre... Pendant ce temps là, je pars prendre le train avec une autre française pour se rendre au spectacle. Deux "effrontées" blanches, seules dans un train!... Finalement, personne ne nous remarquera ou nous accostera!...
A l'arrivée du train, nous montons dans un taxi en précisant le lieu de notre destination "Kuala Lumpur Art Centre". Le chauffeur n'a pas l'air très sûr du lieu, nous demande ce qu'on va y faire. Nous nous empressons de lui répondre que nous allons voir un spectacle, avec de la musique et de la danse. Il prend donc la route. Je m'inquiète quand je m'aperçois que nous sommes près de chez nous et que nous ne devrions pas y être! Le chauffeur nous montre l'hôpital, nous dit qu'il faut donc qu'on descende ici. Confusion, incompréhension, doutes... Je comprends la raison de ce malentendu quand je vois écrit sur un bâtiment "heart centre"; centre de cardiologie (la prononciation de 'art' et 'heart' pouvant être confondue...). Je saisis mieux maintenant les questionnements du chauffeur: "c'est encore ouvert à cette heure ci? Qu'est ce que vous allez y faire?..." J'hésite entre colère et éclats de rires. Je laisse mon amie se charger de discuter avec le chauffeur; l'énervement n'est pas une façon de faire ici et est mal perçue. Je lui demande quand même de s'arrêter pour demander aux gens dans la rue. Finalement, on arrive à bon port avec un quart d'heure de retard malgré tout. Avant de descendre du taxi, nous expliquons à notre chauffeur pourquoi nous lui payons la moitié seulement de ce qu'il nous demande...

Nous voilà donc dans la salle de concert; des dizaines d'artistes sur la scène évoquent la proclamation de l'indépendance de 1957. Le spectacle vient donc juste de commencer!

2 heures après, nous ressortons ravies d'avoir regardé cet aperçu historique du pays sur fond d'orchestre. Les artistes ont avec talent et émotion chanté les étapes historiques du pays (séparation de Singapour, premières élections, émeutes raciales). Le message de tolérance et de paix sociale entre les communautés ethniques locales est omniprésent. Difficile pourtant de croire en sa réalité. La fin du spectacle dépeint une société parfaite qui intègre les différences raciales et sociales; seulement, dans la vie quotidienne, les malaisiens ne se mélangent pas entre communautés. La censure gouvernementale a du réviser le script et arranger la fin pour qu'elle soit politiquement correcte...

Je suis impatiente de lire les critiques de la presse et voir si les journalistes seront autorisés à faire le même commentaire que moi! Mais je doute que les critiques soient objectives. Les drapeaux qui fleurissent et la fierté nationale qui s'amplifie en ce moment, à quelques semaines de l'anniversaire de l'indépendance, adoucissent le communautarisme ambiant et semblent unir les gens autour du même patriotisme.
Comme les artistes l'ont justement chanté hier soir, "Ce pays est assez grand pour tout le monde"... en espérant que cette jolie phrase s'applique enfin à chacun des malaisiens...

mercredi 1 août 2007

Curiosités alimentaires

Où peut-on se faire livrer le MacDo Halal à domicile? Dans quel pays du monde peut-on manger de la glace au maïs ou aux haricots rouges? Où est-il possible d'aller manger au restaurant à toute heure, y compris au beau milieu de la nuit? Dans quels restaurants sert-on dans des assiettes en plastique? Existe-t-il un pays où il n'y a aucun scrupule à manger le dessert avec la soupe et le plat principal? Qui peut aimer les gelées chimiques de fruits en guise de dessert embalées dans des feuilles de bananiers?

Qui oserait manger dans des restaurants où la "cuisine" donne sur la rue entre cafards, rats et odeurs nauséabondes avec en fond sonore une TV qui braille?
Qui peut bien manger un plat de riz cuit dans du lait de coco et mélangé avec de la viande, des oeufs, des poissons sechés, des légumes et quelques épices dès le lever du soleil? Qui oserait acheter des plats presentés dans la rue, sur des tabourets en plein soleil, quand il fait 35 degrés, sans que de la glace ou des frigos évitent la prolifération de milliers de bactéries?...

A chacune de ces questions, on trouvera "Malaisie" dans la réponse!...

Que les malaisiens ne s'offusquent pas, mais d'aucuns peuvent trouver certaines de ces habitudes alimentaires "étranges" par rapport aux nôtres!

Mais finalement, qu'importent les critères d'hygiène ou les règles en matière d'art de la table et de dégustation des repas, le plus important est d'avoir à manger dans les assiettes!



La gastronomie malaise n'est certes pas très délicate, ni même très légère; les plats sont peu variés car riz et pâtes trouvent peu de nuances de saveurs. Cependant, nul ne pourra nier la grande richesse des mélanges d'influences exprimés dans la cuisine! Il est même difficile de dresser la liste des plats nationaux car les plats revendiqués locaux sont en fait une composition de mariages de cuisines chinoise, indienne, portugaise ou thaïlandaise (pour n'en garder que quelques uns). On peut aussi malheureusement goûter la présence britannique et américaine jusque dans les plats les plus exotiques!

Quoiqu'il en soit, les Malaisiens sont fiers de leur gastronomie et lui font honneur à tout moment. A croire que les estomacs locaux sont anormalement constitués et réclament de la nourriture à chaque moment d'inactivité!

lundi 30 juillet 2007

Penang

Je suis allée voir si la côte Ouest de la Malaisie valait la côte Est. En terme de clarté de la mer et de beauté de paysage, l'Est est plus agréable. Cependant, la ville principale de l'île de Penang, Georgetown, est une des plus belles villes de Malaisie.

On peut s'y balader dans des rues pavées, pas très larges, en passant du quartier indien au quartier chinois tout en admirant les jolies maisons colorées et en s'imprégnant d'atmosphères différentes. Les rues les plus reculées cachent parfois des trésors: temples bouddhistes, temples indiens ou maisons de clans chinois notamment. Les sculptures, peintures ou ornements dorés nous en mettent plein la vue et témoignent de la richesse architecturale de la ville.





La ville est majoritairement peuplée de chinois. A 6h samedi matin, on a surpris tout un groupe de vieux chinois faire leurs exercices quotidiens sur un fond de berceuse asiatique. On comprend mieux pourquoi les chinois tiennent un rythme soutenu depuis le matin jusqu'à la fermeture de leurs commerces tard le soir.
En dehors de la ville principale de l'île, des petits villages de pêcheurs longent la cote. Sans s'y attarder, on y fait que passer pour rejoindre un parc national. Une petite heure de marche à travers la jungle suffit pour atteindre une plage de sable blanc peuplée de petits crabes et un lac meromictique (à vos dicos) qui donne à l'endroit un charme fort agréable.
La soirée s'est passée chez une famille malaise, rencontrée par l'intermédiaire de Hospitality-Club, réseau associatif dont je fais partie, qui permet aux voyageurs de s'entraider (lien internet sur la droite de l'écran) Après avoir dégusté de savoureux satays (petites brochettes de viande grillées et accompagnées d'une sauce aux cacahuètes), nous nous installons dans l'appartement familial et profitons de la soirée pour parler de tout et de rien tout en échangeant nos expériences de voyages.

Le lendemain sera consacré à une visite approfondie de la ville principale, avant de reprendre la route vers Kuala Lumpur.
Comme d'habitude, le week-end aura été plus fatiguant que la semaine entre les heures de bus, les kilomètres de marche et les courtes nuits de sommeil. La semaine sera donc pleine de repos entrecoupée par de longues journées de travail!...

dimanche 22 juillet 2007

Week-end à la mer

Nouveau week-end, nouvelle destination: Kota Bharu et les îles Perhentian, au nord-est du pays, tout proche de la frontière thaïlandaise.

Apres un vol agité, où bon nombre de passagers ont cru mourir dans cet avion bravant les turbulences provoquées par des éclairs déchirant le ciel, me voici atterrie dans la ville la plus musulmane du pays. Une courte nuit, et je prends la route pour les îles Perhentian, dont on dit être un des plus beaux endroits au monde pour la plongée sous-marine.

Dressons le décor : île verdoyante, plantée de jungle, de cocotiers et de bananiers, entourée de plages au sable blanc sises dans des criques oubliées de l’Homme et baignée par des eaux transparentes laissant voir les fonds marins.

Décor paradisiaque, qui n’est donc plus un rêve pour moi !


Le bateau m’emmène sur une petite plage où j’ai réservé une chambre. En fait, la chambre se révèle être une petite hutte en bois, perchée sur des pilotis surplombant la plage. La vue est magnifique, mais les conditions précaires. La chambre n’est meublée que d’une moustiquaire protégeant un matelas posé sur les lattes de bois dont les trous laissent entrevoir le sol terreux. La porte ne ferme pas, mais qu’importe, je suis au milieu de nulle part, dans un village à la Robinson Crusoé face à un paysage inoubliable...

Je ne tarde pas à m’aventurer sur les chemins dans la jungle pour rejoindre les plages plus animées de l’île. Je ne croise personne sur ces sentiers, à part deux énormes varans et quelques écureuils. Coral Beach et surtout Long beach sont envahies par des cabanes et huttes pour touristes, des restaurants et des dizaines de magasins pour partir en balade en mer faire de la plongée (avec ou sans tuba). Je n’aurai malheureusement pas le temps de m’adonner à l’activité favorite des vacanciers. Je profiterai juste de la mer, du sable et de l’ombre d’un cocotier en prenant soin de ne pas rester trop longtemps dans cette eau cristalline. Le soleil cogne fort et est dangereux; le moindre rayon doit suffire à carboniser un bras !

Week-end donc relaxant, qui m'a permis de garder mon calme
quand j'apprends à l'aéroport que l'avion aura 1h30 de retard. Une fois à bord, les turbulences (les mêmes qu'à l'aller) ne m'empêchent pas de commencer ma nuit, qui ne sera pourtant efficace qu'à partir de 2h du matin, une fois enfin rentrée à la maison.

Une autre semaine de travail et je repars; cette fois, ce sera sur l'ile de Penang...

dimanche 15 juillet 2007

14 Juillet loin de France

Cette année, pas de feu d'artifice ni de pique-nique républicain; pas de bal populaire ni de guinguette... Ici, ce n'est ni un jour férié, ni un jour spécial pour personne. Loin de chez soi, on pense aux nôtres, on pense aux 14 juillet passés, on se souvient du plus beau feu d'artifice... La nostalgie et l'éloignement pourraient s'ajouter à la difficulté de s'imprégner de cultures et de pensées différentes ou encore à l'effort de l'acclimatation et de l'intégration... On pourrait envier tous nos compatriotes restés au pays...

Mais en fait, on promet à nous tous, Français expatriés à Kuala Lumpur, encore mieux que ces rassemblements de village autour de quelques pétards. L'Etat en effet, n'oublie pas ses expatriés esseulés et invite l'Ambassade à nous convier gracieusement à une réception en l'honneur de notre jour national. Mais qu'importe de fêter la Prise de la Bastille ou toute autre chose, le plus important est que ce soir, on nous offre de quoi se remplir la panse d'une nourriture dont nous désespérons tous ici de ne plus avoir et de breuvages trop chers pour les déguster régulièrement! Les buffets dressés dans le jardin de Son Excellence l'Ambassadeur sont rapidement envahis par le flot d'une foule rationnée et frustrée. Même en mangeant à ma faim ici, je ne peux pas résister longtemps à la tentation et ne tarde pas à me diriger vers le lieu de tous les envies alimentaires refoulées depuis mon arrivée.


Autour de moi, les grandes pontes expatriées, les vacanciers chanceux, les jeunes carriéristes, les stagiaires, les étudiants mais aussi les conjoints de tous ces ventres affamés s'agglutinent; personne ne manque à l'appel! Au début, on n'ose pas trop se servir des mets délicieux préparés pour l'occasion. Bientôt, on se pousse, on essaie d'esquiver les files d'attente qui se forment ou on redouble de malice pour se faire ami avec les personnes plus proches du buffet. L'appétit est alimenté par la vue de ce qu'on nous sert: diverses soupes aux légumes, pâté de campagne (dont on avait presque oublié l'existence), pain, toasts aux tomates séchées et basilic... Plus loin, des bain-maries nous font bouillonner d'impatience et se révèlent être de véritables trésors: gratin dauphinois, boeuf bourguignon, cassoulet et diverses grillades. Et au milieu, un choix et une quantité impressionnante d'alcool à volonté: pastis, vin rouge et champagne rivalisent avec autres liqueurs de qualité. Il faut se presser car le stock s'écoule aussi vite que la vitesse de la lumière.

J'entends des bruits qui courent: n'y aurait-il plus de fromages? La salle qui leur est dédiée a été prise d'assaut. Alors ceux qui ont été plus rapides partagent avec les malchanceux. Très vite, des sources bien informées nous rapportent qu'un réapprovisionnement a eu lieu. En moins de deux, me voilà téléportée dans cette caverne d'Ali Baba, à hésiter entre Roquefort, Bleu de Bresse, camembert, Reblochon et autres bries et chèvres. Le choix est délicat, alors je charge l'assiette. Je manque d'exploser: trop de calcium d'un coup, je n'ai plus l'habitude!

Néanmoins, il faut garder une place pour le dessert. Une coupe de champagne pour aider à digérer et direction la salle des pâtisseries où des colosses chocolatés s'offrent à ma gourmandise. Ceux qui aiment le chocolat ne peuvent être plus ravis. La vue seule pourrait suffire à rassasier, mais malgré tout, je ne peux me contenter de regarder avec envie cet appel à tant de plaisir culinaire... Je mange sans même avoir faim, mais l'occasion est trop belle pour refuser cette simple offrande. Imaginez vous loin de notre pays et très vite, vous vous rendrez vite compte de la chance de vivre dans LA nation gastronomique par excellence. D'ailleurs, sans fromage ni pain, je doute qu'un Français puisse être pleinement heureux! (à part les allergiques au lait et les fines bouches difficiles qui ne savent pas apprécier ce qui est bon)

Comprenez-moi, ici, on n'a pas tous les jours la chance d'être face à tant de délices raffinés et tant de délicatesses alimentaires. Et puis sachez que les riches comme les plus pauvres, nous sommes tous venus pour la même chose ce soir: se remplir jusqu'à épuisement.

A vous, contribuables, je vous remercie d'avoir financé ce festin et enchanté cette soirée d'un retour illusoire au pays. Merci pour ce beau cadeau et ce moment éphémère de bonheur. Si vous en avez assez de payer trop d'impôts, pensez à nous tous, expatriés, pour qui le simple morceau de fromage illumine la journée. Vous avez contribué à faire de ce 14 juillet un jour spécial ici. Merci!

mardi 10 juillet 2007

Etre une femme musulmane en Malaisie

Dimanche, en bonne chrétienne, je suis allée à la mosquée! A une heure de KL, à Shah Alam, on trouve la 3ème plus grande mosquée du monde, avec les plus hauts minarets et le plus large dôme religieux de la planète; en tout cas, c'est ce qui est fièrement avancé sur les brochures touristiques. Quand on demande à l'accueil quelles sont les 2 plus grandes mosquées, on ne nous comprend pas (est-ce voulu?) et on nous assomme de chiffres vantant les prouesses architecturales de l'édifice dressé devant nous. Tant pis, on ne saura pas... Mais en effet, il faut l'admettre, la mosquée est immense et impressionnante.















On arrive alors que l'imam annonce la prière. Nous devons donc attendre une petite demi-heure que la prière se termine pour enfin entrer dans ce colosse. Je vois près de l'entrée des visiteurs des robes vertes et violettes. Je commence à craindre qu'il faille que je me vêtisse à la mode musulmane! Quelle horreur, moi qui déteste me déguiser! Il faut dire que les bouts de tissus prêtés aux visiteurs ressemblent plus à des robes de chambre des années 70 qu'aux belles robes que portent les musulmanes locales. On m'autorise à me couvrir la tête avec mon étole. Une mama m'aide à fixer le foulard car je n'ai aucune idée de la manière dont il faut le porter. Avec gentillesse, elle me l'accroche avec une pince qu'elle me prête. A partir du moment où je suis convertie - au moins au niveau vestimentaire - à l'islam, je ne suis plus moi-même. C'est incroyable à quel point le foulard a le pouvoir de rendre anonyme, de priver de liberté, d'abaisser à un rang inférieur. Seule parmi un groupe de garçons, je me sens presque naturellement écartée du monde masculin, réduite à marcher loin derrière eux et à oublier ma propre personnalité. En marchant dans l'enceinte de la mosquée, j'ai l'impression d'être une none qui sacrifie sa vie à son Dieu en qui la foi est tellement grande qu'elle accepte en silence ce qui me parait être contrainte, privation de liberté et de personnalité.



Cependant, les femmes ici n'ont pas l'air malheureuses. Elles sourient sans arrêt, ont des visages doux et compatissants, leurs vêtements sont vivement colorés. Rien à voir avec les musulmanes fraîchement débarquées du Moyen-Orient pour des vacances shopping dont on ne voit ni le visage, ni les pieds, ni même parfois les yeux. Elles ne sont que des ombres noires, ressemblant à des fantômes débarqués d'outre-tombe...

dimanche 24 juin 2007

Bornéo

Bornéo! Voila un nom qui sonne exotique! Je me devais absolument d'y aller, au moins le temps d'un week-end. Voilà chose faite!

Après un départ très matinal et après avoir manqué de m'endormir en attendant l'avion, me voici atterrie à Kuching - capitale de l'état du Sarawak. Je ne sais pas trop où aller, car comme souvent, je n'ai planifié aucun itinéraire. Je me rends donc à la pêche aux informations à l'office de tourisme où je décide de partir au Parc National de Bako. En attendant le bus, je tente de me familiariser avec la ville en faisant un petit tour le long de la rivière. Il n'y a pas grand chose à voir; je pars donc sans trop attendre récupérer un bus pour Bako. A la montée du bus, je croise un blanc! C'est bon signe, je dois être au bon endroit! On échange quelques mots et découvrons que nous avons l'intention tous les deux de randonner. "Allons-y ensemble, c'est plus rassurant d'avoir un compagnon de cordée!" A la sortie du bus, on monte à bord d'une barque à moteur pour un voyage d'une vingtaine de minutes à l'air marin. La destination promet d'être remarquable tant les côtes sont magnifiques: mangroves avec les arbres pieds dans l'eau, rochers et falaises escarpés, végétation luxuriante... Une fois à terre, je m'installe rapidement dans la chambre de l'auberge. Avant de pouvoir y arriver, il faut marcher sur des pontons en bois sous un toit d'arbres élevés en se méfiant des macaques quémandant aux touristes de la nourriture.
Sans trainer, nous entamons notre première randonnée du week-end. Le plan du parc nous indique une marche de 4 heures. Mais la passion de la randonnée et le rythme soutenu que l'on s'impose nous font rentrer au point de retour 2 heures avant!

C’est absurde de s'imposer de tels efforts physiques alors que la température est à son maximum et frôle sans doute les 35 degrés à l'ombre. Mais on aurait eu tort de ne pas s’infliger tant de peines… Nous traversons quelques bosquets, cheminons sur des plateaux de grès qui surplombent la mer reflétant les rayons du soleil, marchons sur des sentiers couverts de racines d’arbres immenses. Nous rentrons épuisés et moites de chaleur. La douche est bien méritée même si elle glace le sang et donne la migraine après tant de chaleur absorbée!

Apparemment pas repue de marche, la randonnée du lendemain est encore plus intense. Malgré l’effronterie des macaques qui nous dérobent notre petit déjeuner, nous voila partis sur un chemin menant à une cascade. Les fortes pluies de la veille rendent les sentiers glissants et il faut redoubler de vigilance afin de ne pas glisser. Il fait chaud ! Une pensée m’obsède : me baigner dans cette mer que l’on voit au loin pour y trouver fraicheur et réconfort. Le chemin sera long pour atteindre cette plage nichée dans une anse emmurée de falaises abruptes. Au bout de quelques heures de marche, nous voici plantés à plusieurs centaines de mètres au dessus de cette plage au décor paradisiaque ; encore quelques efforts pour y descendre... Je ne peux plus attendre de me jeter dans l’eau jusqu'à ce que je découvre une soixantaine de touristes français du Club Med installés sur la plage qui se goinfrent de la nourriture qu’on leur apporte. Quelle déception, quel dégoût de voir ces gros ventres se délecter de l’endroit sans qu’ils ne l’aient vraiment mérités, sans qu’ils n’aient trempé leur front de la sueur de l’effort physique non dépensé par la balade en bateau qui les a déposé ici. Mon moment de bonheur est gâché sans que ces gens ne s’en rendent compte ! Un bain rapide dans la mer, juste de quoi se rafraîchir, et nous voilà repartis sur le chemin du retour. Les premiers mètres sont rudes, mais j’oublie vite ma déception et reprend le rythme cadencé pour rentrer au camp de ravitaillement et reprendre le bateau vers mon point de départ.

Il me reste une journée à passer ici. Je m’en vais visiter des orangs-outans qu’on réhabilite. Je ne suis pas sûre d’en apercevoir, mais j’ai de la chance car une maman et son enfant arrivent, bientôt suivis par un autre couple qui les rejoint. Le spectacle est complet : les petits gambadent sur des cordes qui relient les arbres, les grands attendent sagement la nourriture qu’on leur propose. Une femelle se met en scène en posant à quelques mètres des visiteurs. On nous conseille tout de même de tenir nos distances; l’animal est impressionnant par sa taille et étonnant par son agilité.







L’heure du retour a sonné ; il est temps de faire le chemin inverse pour rentrer à KL. La nuit sera bienvenue pour trouver un repos régénérateur utile pour affronter une nouvelle semaine de travail.

mercredi 20 juin 2007

Une nouvelle phobie que je me découvre...

Les voyages, ce n'est pas seulement pour découvrir de nouveaux pays et cultures, c'est aussi pour se découvrir soi-même...

Ce matin, comme tous les matins, je me lève autour de 6h30, je prends ma douche puis prends le petit déjeuner pour ensuite partir au travail en train. La routine finalement...

Mais ce matin a été un peu particulier. En rentrant de la douche, je découvre sur mon mur un gros cafard heureux de se dandiner en remuant ses longues antennes. Il n'y a pourtant rien d'intéressant pour un cafard dans ma chambre: pas de moisissures, pas de déchets, pas de crasse, pas trop de poussière, pas de bêtes, pas de nourriture... bref, aucune raison d'être là. Ce n'est pas la première fois que j'en vois à la maison; d'habitude j'ai du mal à me contenir, mais aujourd'hui je prends sur moi pour ne pas réveiller mes colocataires qui dorment profondément. Pleine de courage, je vais chercher la bombe anti-cafards précieusement rangée dans un placard de la cuisine, et m'entraine un peu a 'pschitter' dans le vide pour être sûre de pouvoir exterminer cette brave bête. Quand je reviens dans la chambre, il est déjà trop tard, le cafard est hors d'atteinte, à moins que je ne monte sur ma commode pour m'approcher au plus près de lui. Mais je suis bien trop terrorisée pour être si proche de ce cancrelat!... J'attends un peu qu'il me soit un peu plus accessible, mais bientôt il disparait. Il doit comprendre que je ne l'aime pas vraiment et que je cherche à l'exterminer avec sadisme. Je commence à m'inquiéter car j'ai peur qu'il se soit faufilé derrière le miroir posé sur ma commode. Alors, je décide de déménager toutes les affaires posées sur celle-ci pour les mettre un peu plus à l'écart, quand soudain, j'aperçois les antennes de mon ami s'agiter dans mon sac à main que j'avais malencontreusement laissé ouvert. Là, c'en est trop, je ne peux plus me retenir. Je sors de ma chambre en courant tout en essayant d'arranger ma serviette de bain pour qu'elle me couvre un peu. Je crie et explose en larmes. Tant pis, mes colocs seront réveillés, mais là, je ne peux vraiment plus résister. Pourquoi les cafards viennent-ils dans ma chambre alors que je fais le ménage si régulièrement? Je suis terrorisée. Je m'assois sur le canapé, toute tremblante, les grosses larmes coulant sur mes joues en me repassant les images de ce cafard dans ma tête et en me remémorant mes autres souvenirs avec ces bestioles. Bientôt, mes colocs sortent un à un de leur chambre. Emilie d'abord, bouffie de sommeil, me demande ce qui se passe. La voix pleine de sanglots, je lui avoue que j'ai peur d'un cafard remuant dans mon sac. "Ah, c'est ca!" me dit-elle d'un air désespéré, "je croyais que quelqu'un était mort!" Elle me dit que Julien, son petit ami-colocataire, arrive bientôt pour me sauver de mon chagrin! La pauvre, je l'embête je sais, elle qui est malade en ce moment et qui a besoin de sommeil. Et puis Mathieu sort à son tour. "Qu'est-ce qui se passe?" Quand je lui dis que c'est juste un cafard, il sourit en pensant sans doute que je suis ridicule. Il se dirige vers ma chambre, essaie d'émerger du sommeil, et me demande où est le coupable. Une fois le sac localisé, il s'en va sur le balcon pour le vider de fond en comble et pour me dire que le cafard est bel et bien parti. L'animal a donc trouvé une autre cachette dans ma chambre! Toujours pas rassurée, j'attends que Julien, qui investigue ma chambre, trouve l'objet de ma peur! Il regarde partout, même derrière le miroir, et déménage ma commode. J'ai de la chance d'avoir 2 hommes braves à la maison! Malheureusement, la bête, trop futée pour se faire attraper, s'est esquivée. Pendant ce temps, Emilie essaie de me calmer en me racontant ses aventures avec les cafards thaïlandais. (C'est décidé, je ne mettrai pas les pieds chez les voisins du Nord.) Et puis, le mot pour apaiser: "Tu sais qu'il y a des gens qui bouffent les cafards pendant la nuit, dans leur sommeil" Merci Emilie, là, je me sens vraiment mieux! Je me fais peut-être des festins 'cafardesques' pendant mes nuits, comment ne pas l'imaginer maintenant! Je continue donc de trembler et me passe des films d'horreur en boucle dans ma tête. Tous les symptômes y sont: je suis atteinte d'une nouvelle phobie: celle des dictyoptères! Heureusement qu'il n'y a pas d'araignées dans ce pays! Je ne pourrais sans doute pas rester longtemps ici. Après ce petit incident, tout le monde repart se coucher après que je me sois excusée une dizaine de fois pour le dérangement. Je me sens un peu ridicule, mais parfois, un simple détail peut être la goutte d'eau qui fait déborder le vase...

Il faut que je me dépêche désormais car l'heure tourne. Mais s'assurer de ne pas tomber sur mon ennemi quand je dois revenir dans ma chambre pour finir de me préparer prend du temps. J'ose à peine toucher mes affaires, attrape les premiers vêtements dans ma commode et récupère seulement ce dont j'ai besoin puis file en dehors de cette chambre maudite en laissant la porte grande ouverte pour laisser libre au cafard le chemin pour sortir de lui-même!

Je suis heureuse d'aller au travail ce matin, car je sais que l'endroit est sans tel danger! Je raconte mes mésaventures à une collègue qui me promet de m'accompagner acheter des armes efficaces pour faire fuir mon cauchemar!...

Un cafard de plus dans ma chambre, et je rentre en France!

dimanche 10 juin 2007

Quitter la ville pour en retrouver une autre...

A defaut de mission de stage, je me fixe des missions pour mes weekends! Ce weekend donc:
  1. renouveler mon visa touristique pour 3 autres mois
  2. decouvrir Singapour
  3. revoir un ami rencontre a Bristol
Je peux conclure que le weekend a ete un quasi succes. Je n'ai pas revu mon ami; apparemment, il avait trop a faire avec son travail. Tant pis pour lui!
Pour le reste, missions accomplies!

Si on me proposait un poste a Singapour demain, je n'hesiterais pas une seconde et ferais mes bagages sur le champ. Non pas que KL me deplaise, mais Singapour m'a donne une telle impression que je m'y sentirais encore mieux. On peut marcher dans la rue sans se faire accoster, se balader en debardeur sans se faire devisager, traverser la rue sans risquer de se faire attaquer ou encore se deplacer d'un quartier a un autre les mains dans les poches, rien qu'en suivant les panneaux! (pour ceux qui s'inquieteraient, j'exagere un peu, KL n'est pas si dangeureuse que ca!)
Je m'attendais a une ville plus haute. Peut etre que la hauteur des batiments ne m'impressionne plus, mais je n'ai pas trouve les tours vertigineuses. Je trouvais meme que la ville etait tres aeree.

Je n'ai pas pu resister a m'offrir une petite ballade en bateau sur la riviere. C'etait tres agreable.
Quelle bonne idee d'avoir recuperer les vieilles maisons de pecheurs pour les remettre en etat et faire des quais une promenade agreable. Les restaurants sont nombreux et les prix sont excessifs (piege a touriste) Mais l'endroit est si charmant qu'il est difficile de ne pas se laisser tenter. Tout ce que je peux m'offrir est une soupe aux legumes! J'ai prevu un budget un peu juste; je suis trop habituee aux prix malais!
Au moment ou la chaleur de la journee atteint son maximum, je m'engouffree dans le tres beau musee des arts asiatiques. 2h30 de visite a la fraicheur de la clim, un vrai bonheur! J'ai pu y voir un condense de la culture asiatique (sud est asiatique principalement) a travers des objets de la vie quotidienne, des vetements, des sculptures, mais surtout beaucoup de representations de divinites bouddhistes ou hindoues.

Apres s'etre donc mis dans le bain multiculturel regional, quoi de mieux que de faire un tour a Chinatown puis Little India et le quartier malais. 3 quartiers differents, 3 atmospheres. Dans une espace relativement reduit, l'Asie entiere est synthetisee et offre au voyageur presse un bon apercu de la region. Quelques kilometres de marche usent les pieds mais ravissent les yeux qui photographient quantite de temples, mosquees ou autres lieux de culte. J'ai eu de la chance: je suis tombee sur une ceremonie bouddhiste. Je suis incapable de dire de quoi il s'agissait car je n'ai pas tout compris. Mais j'ai ouvert grand mes oreilles pour ecouter les chants de moines qui me transportaient jusqu'aux sommets tibetains!

Le lendemain, j'ai beaucoup marche pour aller rejoindre le jardin botanique. C'est un parc immense, rempli de milliers d'especes vegetales de la planete entiere. Les gens cherchent un endroit ou s'asseoir, les bras charges de victuailles pour un festin champetre! Mes pieds ne supportant plus de me transporter et mon porte-monnaie ne me permettant pas le luxe des transports en commun, j'ai pris le chemin du retour, tout doucement jusqu'a l'auberge pour recuperer mon sac et filer a la station de bus.
Au retour a KL, les rivieres debordent, le quartier populaire en bas de notre immeuble est innonde, des routes sont bloquees. Il a tellement plu que l'eau s'ecoule ou elle peut. Ce matin, les routes ont seche mais l'eau a laisse la trace de son passage. Sur mon chemin, la boue empeche de marcher sur une bonne partie de la rue et des branches sont tombees. J'ai bien fait de partir ce week-end, d'autant plus qu'a Singapour, il a fait tres chaud et tres beau! Comme quoi, quelques heures de pluie suffisent pour transformer un endroit vivable en un vrai cauchemar. Cette scene m'a beaucoup rappele les images qu'on voit de l'Indonesie sous des torrents de boue! D'ici, Sumatra et Java ne sont qu'a quelques centaines de kilometres!...

lundi 4 juin 2007

Apres la Ville et la Montagne...la Mer

J’avais oublié à quel point il fallait vraiment VOULOIR partir en week-end pour quitter Kuala Lumpur le vendredi soir ! C’est un vrai parcours du combattant... La première épreuve consiste à entrer dans la gare routière. Il faut se faufiler dans le flot des gens qui cherchent leur chemin ou qui cherchent à acheter leurs tickets. Difficile de ne pas se faire bousculer et d’éviter les sacs et bagages des passagers ! On doit aussi esquiver les nombreux « crieurs » qui travaillent pour les centaines de compagnies de bus et qui accostent les badauds pour leur vendre des tickets. L’épreuve suivante est de trouver la voie de laquelle le bus partira. Il faut donc attendre que des hommes changent manuellement des vignettes autocollantes sur lesquelles la voie et la destination sont indiquées. La plupart du temps, on ne connaît le numéro de voie qu’à la dernière minute, une fois que le bus entre en gare ! Ca peut donc prendre un certain moment ! Pendant ce temps, on peut essayer de trouver une place pour s’asseoir. Si on y arrive, les jambes se reposent mais certainement pas les oreilles. Les vendeurs de tickets crient à tue-tête les destinations, les klaxons aigus des bus résonnent dans la gare et le bruit de la foule qui s’agite font de la gare un joyeux vacarme !

Le bus arrive, mais le rallye continue car c’est vendredi soir ! Montre en main, il a fallu une heure pour sortir de la ville et enfin rouler sur l’autoroute. Mais, manque de chance, un peu plus loin, des voitures accidentées forment un long bouchon qui durera presque 60 autres minutes! L’heure tardive aidant, j’arrive à trouver le sommeil jusqu'à ce que le chauffeur décide de s’arrêter sans ne rien dire à personne pendant de longues 20 minutes.

Enfin, au bout de 5 heures de voyage, me voici à destination. Je trouve sans problème l’auberge de jeunesse que j’avais réservée et y trouve le repos que j’attendais tant ! Fin du
rallye !Samedi matin, bien décidée à profiter de mon week-end, je me lève tôt et embarque à bord d’un ferry pour Pangkor Island. Le voyage en mer nous montre les bâtiments de la Marine Malaise. Pas de quoi rivaliser la flotte mouillée en rade de Toulon ! Heureuse de mettre pied a terre, je m’en vais sans attendre chercher un logement pour la nuit. Tâche aisée, mais il était temps car 2 heures après, tout était complet !

Que faire seule sur une île de 8 km2 sous un soleil de plomb (et il n’est que 9h du matin) ? J’hésite un peu, puis me décide finalement à marcher pour découvrir un peu l’endroit. Au bout de 2 km, je ne vois plus vraiment l’intérêt de marcher sur une route goudronnée en lisière de jungle, sous une chaleur tropicale. Je fais donc demi-tour pour aller me poser sur la plage. Ce sera ici que je passerai la plupart de mon temps sur l’île ! Moi qui ne suis pourtant pas passionnée de la mer (malgré mes origines bretonnes), je ne peux plus m’arracher de cette plage où je suis posée sur une balançoire à l’ombre des grands arbres à respirer l’air marin et profiter de la brise. Je ne m’y ennuie pas tant il y a de choses à voir.


Je pense très vite que les vendeurs de maillots de bain ne doivent pas faire fortune dans ce pays ! Non pas que les plages soient naturistes, mais bien au contraire, les hommes et les enfants se baignent tout habillés, même en jean ! Les femmes ne se baignent pas, sauf parfois pour accompagner leurs enfants. Aucune partie du corps ne devant être découverte, certaines femmes voilées jusqu'à ne deviner que leurs yeux amusent leur progéniture dans l’eau avec leurs chaussettes ! Comment oser se mettre en maillot de bain et s’étendre sur la plage devant tant de pudeur ?
Quelques heures ne suffisent même pas pour contempler les magnifiques plages de sable blanc et l’eau aux reflets turquoise. Croyez-moi, j’ai bien pensé à chacun de vous, où que vous soyez et je me suis même sentie honteuse d’être dans cet endroit de rêve, alors que la France ne se décharge pas de ses nuages gris (qu’en est-il aux Etats-Unis ?) Le coucher de soleil a été le moment phare du week-end, tant il était splendide ! C’était presque le bonheur ! Presque, car je me sentais un peu trop seule pour apprécier égoïstement ce magnifique spectacle naturel.
J’ai attendu le lendemain matin pour aller me baigner sur une magnifique plage peu fréquentée. L’eau était d’une clarté si limpide (pour les spécialistes, cela est dû au calcaire) que je pouvais voir le fond sableux, les centaines de mini poissons et les coraux. Quelle tristesse de voir à coté de cela les enfants jeter leurs déchets sans se soucier qu’ils détruisent leur si beau paysage !
Des images plein la tête, les poumons remplis d’air pur et du soleil plein les joues, je rentre à Kuala Lumpur, en épuisant toutes les provisions de calme dont je m’étais fournie sur mon île en voyant les interminables bouchons et en attendant si longuement un taxi pour me ramener à la maison. Tant de bénéfices gâchés par la folie humaine et l'ere de la voiture!...

dimanche 27 mai 2007

Au marché

J'ai profité de mon temps libre pour aller au marché ce matin. Et si on peut penser qu'il s'agit d'une partie de plaisir, la balade peut virer a l'auto-supplice! Il vaut mieux partir le ventre bien accroché pour braver toutes les odeurs!... C'est d'ailleurs toujours mieux d'y aller le matin, car la chaleur ne s'est pas encore trop accumulée sous les toles du marché et les produits sont encore un peu frais. J'arrive devant le marché couvert et cherche un itinéraire pour éviter de passer devant les étals de poisson et de viande. Je préfere les fruits et légumes; ils sont moins odorants! Apres avoir fait quelques détours, en passant devant les épices et les fruits séchés, me voici devant les marchands de fruits. Il y a une quantité impressionnante d'étals où la nourriture abonde et où les fruits entassés forment des piles multicolores. Les gens s'agglutinent devant la marchandise pour la tater et comparer les prix .Il y a de quoi saliver en voyant les mangues, les ananas, les bananes, les lichis, les "Jack fruits", les durians ou les star fruits, et tous les autres fruits dont je ne retiens pas les noms. On trouve aussi des fruits importés comme des pommes, des poires ou du raisin.
Je continue ma balade en me dirigeant vers les légumes. Ils se trouvent sous les toles du marché couvert, ce qui rend l'endroit un peu moins sympathique. Mais, là encore, explosion de couleurs et papilles stimulées... Les concombres ont une tête un peu différente de ce qu'on a l'habitude de voir, mais on reconnait quand même bon nombre de légumes. On tombe néanmoins sur des racines ou sur des tubercules qu'on ne consomme pas chez nous, ou encore sur d'autres especes non identifiables. Les legumes les plus colorés sont les piments et chilis. Ils brillent tant ils regorgent de saveurs épicées... Les plantes aromatiques sont aussi nombreuses et agrémentent tous les plats malais.















Finalement, je me décide à prendre mon courage à deux mains pour braver les odeurs de viande et de poisson. Je me faufile entre la foule et les étals serrés les uns contre les autres tout en évitant les nombreuses flaques d'eau, les fruits écrasés ou les divers déchets. J'ai bien fait de venir en claquettes, ce sera plus facile a nettoyer! Je m'engouffre dans les dédales du marché tres sombre en essayant de regarder par terre, en haut, à droite et à gauche en meme temps. Tantot, je passe devant un marchand de poissons, tantot devant des coquillages ou autres fruits de mer. Certains poissons s'agitent et cherchent a s'échapper du plat dans lequel ils ont été posés. Plus loin, je me fais surprendre par les bruits de hache sur des bouts de viande, ou par celui des volailles qu'on égorge. On pend les pieces de boeuf ou de mouton pour attirer la clientele et on me demande quel morceau de viande je souhaite pour qu'on me prépare. La nourriture est posée dans des assiettes ou des grands plats, sans lit de glace. Les chats s'étendent sur les planches de bois qui font office de présentoir, juste à coté des morceaux de viande... Les badauds ont l'air de faire des affaires et s'en vont avec des poches remplies de provisions.

J'aurai du mal à me décider aujourd'hui tant je crains pour ma santé. Tant pis, je repars les mains vides, heureuse de m'être impregnée de la joyeuse atmosphere et de l'agitation des commercants et fiere d'avoir défier sans trop de peine les odeurs et la foule. Je passerai sans doute sur le chemin du retour au supermarché pour m'acheter ce dont j'ai besoin. Peut-etre irai-je même jusqu'a Carrefour pour être sure de ce que j'achete!!!...

mardi 22 mai 2007

La rue...

Ca peut paraitre banal ou bizarre de parler de la rue, mais il y a tellement de choses à dire, car chaque rue de Kuala Lumpur révèle une partie du fonctionnement de la ville et son agitation montre son grand dynamisme. Finalement, même en pleine ville, c'est aussi un peu la jungle. On y cotoie des dangers à chaque instant.
Voici le quotidien d'un piéton car c'est parfois un vrai sport d'être bipède dans cette ville. A chaque fois que l'on veut traverser, on ne sait jamais si on arrivera vivant de l'autre coté de la chaussée!!Il faut souvent s'arrêter au milieu de la rue pour laisser passer des mobylettes qui arrivent à pleine vitesse. Les 2 roues sont reines ici. Il y en a partout, même sur les autoroutes qui traversent la ville! Jamais je n'oserai monter sur ces bécanes tant il faut se faufiler dans le flot des voitures, souvent bloquées par trop de circulation et qui freinent sans raison ou changent de file sans se soucier des voitures qui arrivent derriere!!!...









Mais pourtant, se déplacer en 2 roues est un des moyens les plus efficaces pour arriver avant tout le monde. Le vélo serait beaucoup plus écologique, mais surtout beaucoup trop dangereux. Je n'ai d'ailleurs pas vu beaucoup de cyclistes. Les plus téméraires ont déja du faire les frais de leur audace et de l'intense circulation...Il faut aussi faire attention où on met les pieds. Les trottoirs sont jonchés de plaques branlantes qui comblent les trous, de pavés désossés ou encore de bouches d'égouts dont les cafards raffolent la journée pour échapper à la chaleur, mais qui ressortent dès le coucher de soleil...
On croise aussi d'autres bêtes. Les chats miséreux et maigrelets sont les plus fréquentes. Ils occupent leurs journées à errer pour essayer de trouver de quoi se nourrir. Ils doivent souvent se partager les tas d'ordures laissés à l'abandon dans les rues désertées avec les rats, souvent plus gros qu'eux! Par chance, je n'ai pas encore croisé de rats vivants. J'ai juste manqué de piétiner un rat déja écrasé au milieu d'une ruelle.

Mais qu'est ce qui est le plus désagréable en définitive? Est-ce le bruit incessant des clim' ajouté à celui des dizaines de mobylettes qui roulent à toute allure et à celui des cris des vendeurs de fruits ou autre nourriture?









Est-ce les regards pesants des hommes qui ne se gênent pas pour dévisager les blanches ou de les saluer avec une idée derriere la tête? (la blondeur ajoute aussi un peu plus de chance de se faire observer avec lourdeur) Est-ce aussi la lenteur du pas des malaisiens qui ne connaissent pas le mot rapidité? Non, finalement, le pire doit être les odeurs. Le parfum ambiant est mêlé de gaz d'échappements, d'odeurs de poissons séchés, de fruits fort odorants, des cuisines des mamaks (restaurants mi plein air, qui n'ont rien à envier aux restaurants étoilés sauf sans doute pour la cuisine locale) et encore des égouts qui empestent d'autant plus que la température augmente.Finalement, il n'y a pas que les paysages magnifiques, les iles paradisiaques et les cocotiers en Malaisie, il y a aussi le quotidien et la forte croissance du pays qui fait que beaucoup de choses ne suivent pas. Mais le jour où le pays sera plus en avance que notre vieille France approche à grands pas...

mardi 15 mai 2007

Dans la jungle, terrible jungle...

Enfin, j'ai pu m'aventurer dans ce qu'on dit être la plus belle région de Malaisie: les Cameron Highlands. C'est aussi l'endroit le plus frais (pas plus de 25 degrés) car l'altitude moyenne se situe autour de 1 200 - 1 800 mètres. Le plus haut sommet monte même jusqu'a 2 000m. Je n'ai pas eu la chance d'y grimper, mais j'ai randonné sur les monts environnants. En 7 heures de trek, j'ai eu le temps de voir quantité de choses: plantations de thé, jungle profonde, faune et flore locales, cascades isolées, ...
Marcher dans la jungle n'était pas si désagréable que ca. Moi qui avait peur de croiser des tas d'araignées, scorpions ou serpents, je n'ai vu que des moustiques et des termites! Comme quoi, la jungle n'est pas si hostile que ca! C'était même plutot agréable d'y randonner, car j'avais l'impression de marcher sur un tapis de mousse et l'air était frais et pur. Par contre, il serait facile de s'y perdre sans un bon guide. Le mien aurait pu marcher les yeux fermés tant la jungle est son milieu naturel! Il nous a montré aussi beaucoup de plantes, de fleurs ou autres espèces vivantes que nous n'aurions jamais vu par nous mêmes! Les chemins étaient souvent à peine tracés, ou étaient tellement étroits que nous pouvions difficilement y passer. Et il a aussi fallu enjamber des troncs d'arbres, marcher dans des petits ruisseaux, débrouissailler le passage et se méfier des lianes trop longues! Quelle aventure!









J'ai profité de mon samedi apres-midi pour m'inscrire à un tour pour visiter le coin et les nombreuses fermes. Au programme, temple chinois-bouddhiste, plantations de roses, jardins, plantation de thé, culture de fraises, ferme aux papillons et aux insectes. J'y ai vu toutes les espèces de bêtes qui vivent dans la region: scorpions, scarabées, araignées (j'avoue que j'ai passé mon chemin sans les regarder), phasmes et autres espèces qui se fondent dans la nature, tortues, etc etc.

Ce qui marque le plus je crois, ce sont ces étendues de thés sur les collines, qui ne peuvent être plus vertes et qui inspirent le calme et la sérénité.


J'y retournerai. Même si la route est longue et donne parfois la nausée (2 heures de montée en lacets), ca en vaut la peine, car l'endroit est magique et si différent de ce qu'on a l'habitude de voir dans nos contrées tempérées.

jeudi 10 mai 2007

Week end à Malacca

Après le travail du samedi matin, quoi de meilleur que d'aller se balader dans une petite ville portuaire pas très loin de KL? Direction donc Malacca (ici, on dit Melaka) pour y passer le weekend avec Julien, lieu bien connu des amateurs d'histoire et surtout réputé comme repere des pirates... Apres 2 heures de bus, nous y voila. A l'arrivée a la gare routiere, un chauffeur de taxi nous saute dessus. On en profite pour monter dans sa voiture trop climatisée et pour aller jusqu'au petit hotel qu'on avait réserve. Ce n'est certes pas un tres grand hotel, mais il a l'air propre (pas de cafards, pas trop de moisissures dans la salle de bains et les draps propres) et le gérant est aussi tres sympa. On prend le temps de poser nos affaires, et aussi d'attendre un peu de fraicheur avant d'aller explorer la ville. On se dirige dans un premier temps tout droit vers le centre historique pour arriver sur la place centrale, ou on se croirait en Europe. (comparé au type de batiments qu'on trouve partout en Malaisie)
Les néerlandais ont laissé quelques traces de leur passage avec leurs batiments et quelques noms hollandais sont aussi restés. Dans une petite église en ruine, on trouve pleins de stelles de marins noyés mais aussi d'anciens colonisateurs, et la plupart des noms sont hollandais. Certaines de ces stelles témoignent d'ailleurs de l'époque ou les pirates devaient faire des ravages...









Le panorama depuis l'église, perchée sur une colline, est fantastique. On pourrait peut-etre meme percevoir les rivages indonésiens qui ne sont qu'a quelques heures de bateau. On ne voit cependant que le détroit, grande "auto-mer" et le plus loin qu'on puisse distinguer, c'est le large encombré de gros cargos-conteneurs, de navires remplis de marchandises ou encore de plate-formes pétrolieres. N'essayons pas d'imaginer l'état de pollution de l'eau, tant les dégazages doivent etre fréquents... Pas étonnant qu'il n'y ait pas de plages dans la ville, d'autant plus que les égouts doivent tous etre rejetés ici, avant même d'avoir été traités...

D'autres européens ont aussi débarqué jadis sur ces rivages et ont marqué la ville pour les siècles à venir. Les portugais ont su bien s'installer, leur quartier survit d'ailleurs toujours, même si aujourd'hui la population est beaucoup plus métissée qu'au temps des 1ers colonisateurs. J'ai entendu dire que c'est ici qu'on trouverait la meilleure cuisine du pays, car elle est faite de judicieux mélanges entre cuisine malaise, chinoise mais aussi et surtout de cuisine portugaise. A part la cuisine, peu de témoignages de l'occupation portuguaise subsistent; certains bâtiments portugais n'ont pas résisté à l'invasion britannique. Voici juste ce qu'il en reste.

C'est cependant la grosse attraction touristique et ce qui fait venir les visiteurs de la région mais aussi tous les étrangers en vadrouille.

Les anglais n'ont pas beaucoup laissé de traces. Ils se sont seulement contentés de détruire quelques constructions portugaises et ont pris le controle de la ville déja bien développée a l'époque (merci les copains européens!)

Mais n'oublions pas, les chinois ont toujours été la. Quelques mètres plus loin de ce spot historique et touristique, Chinatown. On a eu de la chance d'y venir le samedi soir, car la rue principale était très animée entre le marché nocturne artisanal ou les karaokés géants.










Le must a quand même été le spectacle d'un maitre kung-fu de Singapour. Son spectacle au milieu de la rue a duré 2 heures. Ce petit homme de 53 ans avait une pêche d'enfer et n'a presque pas cessé de parler ou de nous époustoufler tantot en avalant du feu ou en le crachant, tantot en ouvrant une noix de coco avec la seule force d'un de ses index et grace à tout un travail de concentration, assez impressionnant je dois dire.
Blancs au milieu des nombreux badauds typés asiatique, on s'est très vite fait repéré et Julien a servi de bête de cirque tout au long du spectacle. Le maitre le sollicitait tout le temps en lui parlant, en lui demandant de lui rendre des services ou en lui offrant la possibilité de s'exercer à l'art bien particulier du lancer de cartes ou du fouet.

On a beaucoup ri, même si on n'a pas vraiment compris tout ce qui était dit; on est encore loin de maitriser le chinois! On a par contre bien compris que le gars cherchait surtout à vendre ses produits issus de médecine chinoise contre la douleur. A plusieurs reprises, il nous a fait de la réclame et a même entrainé la foule dans une fièvre acheteuse! Le stock n'était pas loin d'être écoulé. Voila ce qu'on appelle un bonimenteur, mais qui a du gagner largement de quoi s'acheter à manger pour au moins une semaine!...

Après cette petite distraction, nous sommes entrés dans une boutique pour nous acheter quelques pantalons de pêcheurs indonésiens, non pas pour nous fondre dans la masse, mais car ils sont extrêment confortables et sont parfaits pour ne pas trop souffrir de la chaleur ambiante.


Le lendemain a été surtout l'occasion de profiter de l'air et de la fraicheur des arbres. Puis on a croisé des francais sacs sur le dos qui ont engagé la conversation. On a finalement déjeuné ensemble puis on est allé sur une petite ile a pied, sans grand intéret. Elle était déserte, sans vie, mais construite entièrement de bâtiments qui n'ont jamais été achevés. Personne n'y habite. Pourtant, la mosquée a fini d'être construite et attire quelques musulmans. Très étrange, mais il n'est pourtant pas si rare de voir des constructions à l'abandon par manque d'argent ou à cause de la faillite du promoteur. On trouve donc des bâtiments fantomes un peu partout et il ne fait pas vraiment bon s'y aventurer.

Le weekend s'achève; retour à la grosse ville bruyante, polluée, sans air, et très fréquentée... vivement le prochain break pour s'échapper de cette vie agitée...





dimanche 6 mai 2007

Vive les jours feriés

Comme partout, le jour du travail est à peu près respecté (à peu près car les chinois ne savent pas s'arrêter de travailler). Mais le 1er mai étant aussi un jour de fête pour les bouddhistes (on y célèbre la naissance, l'illumination et la mort de Bouddha, oui oui, tout ca le même jour!), le gouvernement a declaré le 2 mai également ferié pour éviter que les 2 fêtes ne tombent le même jour!

C'était donc l'occasion de sortir un peu de la ville et d'aller visiter "Batu Caves", lieu de culte hindou .La grotte est immense, perchée en haut de quelques 272 marches! Le gros rocher qui abrite la grotte nous protège de la chaleur et fait de l'endroit un lieu très agréable. D'autant plus que l'on peut y voir de nombreuses représentations de divinités et divers petits autels et temples.
Mais comme d'habitude, les singes sont l'attraction la plus drole et divertit les touristes. Seuls les plus croyants ne se laissent pas perturber par les nombreux primates.

Même pays, mais autres gens d'autres confessions. La fête bouddhiste était haute en couleur et parfois d'ailleurs très kitsch!...
Cette petite fête a permis à la communauté bouddhiste de se rassembler, mais elle n'a pas empeché de nous accueillir à bras ouverts et à nous offrir à boire et à manger. Au programme aussi de la soirée: prières, musiques, voeux, dons et autres choses dont on ne comprend pas le pourquoi du comment!