lundi 30 juillet 2007

Penang

Je suis allée voir si la côte Ouest de la Malaisie valait la côte Est. En terme de clarté de la mer et de beauté de paysage, l'Est est plus agréable. Cependant, la ville principale de l'île de Penang, Georgetown, est une des plus belles villes de Malaisie.

On peut s'y balader dans des rues pavées, pas très larges, en passant du quartier indien au quartier chinois tout en admirant les jolies maisons colorées et en s'imprégnant d'atmosphères différentes. Les rues les plus reculées cachent parfois des trésors: temples bouddhistes, temples indiens ou maisons de clans chinois notamment. Les sculptures, peintures ou ornements dorés nous en mettent plein la vue et témoignent de la richesse architecturale de la ville.





La ville est majoritairement peuplée de chinois. A 6h samedi matin, on a surpris tout un groupe de vieux chinois faire leurs exercices quotidiens sur un fond de berceuse asiatique. On comprend mieux pourquoi les chinois tiennent un rythme soutenu depuis le matin jusqu'à la fermeture de leurs commerces tard le soir.
En dehors de la ville principale de l'île, des petits villages de pêcheurs longent la cote. Sans s'y attarder, on y fait que passer pour rejoindre un parc national. Une petite heure de marche à travers la jungle suffit pour atteindre une plage de sable blanc peuplée de petits crabes et un lac meromictique (à vos dicos) qui donne à l'endroit un charme fort agréable.
La soirée s'est passée chez une famille malaise, rencontrée par l'intermédiaire de Hospitality-Club, réseau associatif dont je fais partie, qui permet aux voyageurs de s'entraider (lien internet sur la droite de l'écran) Après avoir dégusté de savoureux satays (petites brochettes de viande grillées et accompagnées d'une sauce aux cacahuètes), nous nous installons dans l'appartement familial et profitons de la soirée pour parler de tout et de rien tout en échangeant nos expériences de voyages.

Le lendemain sera consacré à une visite approfondie de la ville principale, avant de reprendre la route vers Kuala Lumpur.
Comme d'habitude, le week-end aura été plus fatiguant que la semaine entre les heures de bus, les kilomètres de marche et les courtes nuits de sommeil. La semaine sera donc pleine de repos entrecoupée par de longues journées de travail!...

dimanche 22 juillet 2007

Week-end à la mer

Nouveau week-end, nouvelle destination: Kota Bharu et les îles Perhentian, au nord-est du pays, tout proche de la frontière thaïlandaise.

Apres un vol agité, où bon nombre de passagers ont cru mourir dans cet avion bravant les turbulences provoquées par des éclairs déchirant le ciel, me voici atterrie dans la ville la plus musulmane du pays. Une courte nuit, et je prends la route pour les îles Perhentian, dont on dit être un des plus beaux endroits au monde pour la plongée sous-marine.

Dressons le décor : île verdoyante, plantée de jungle, de cocotiers et de bananiers, entourée de plages au sable blanc sises dans des criques oubliées de l’Homme et baignée par des eaux transparentes laissant voir les fonds marins.

Décor paradisiaque, qui n’est donc plus un rêve pour moi !


Le bateau m’emmène sur une petite plage où j’ai réservé une chambre. En fait, la chambre se révèle être une petite hutte en bois, perchée sur des pilotis surplombant la plage. La vue est magnifique, mais les conditions précaires. La chambre n’est meublée que d’une moustiquaire protégeant un matelas posé sur les lattes de bois dont les trous laissent entrevoir le sol terreux. La porte ne ferme pas, mais qu’importe, je suis au milieu de nulle part, dans un village à la Robinson Crusoé face à un paysage inoubliable...

Je ne tarde pas à m’aventurer sur les chemins dans la jungle pour rejoindre les plages plus animées de l’île. Je ne croise personne sur ces sentiers, à part deux énormes varans et quelques écureuils. Coral Beach et surtout Long beach sont envahies par des cabanes et huttes pour touristes, des restaurants et des dizaines de magasins pour partir en balade en mer faire de la plongée (avec ou sans tuba). Je n’aurai malheureusement pas le temps de m’adonner à l’activité favorite des vacanciers. Je profiterai juste de la mer, du sable et de l’ombre d’un cocotier en prenant soin de ne pas rester trop longtemps dans cette eau cristalline. Le soleil cogne fort et est dangereux; le moindre rayon doit suffire à carboniser un bras !

Week-end donc relaxant, qui m'a permis de garder mon calme
quand j'apprends à l'aéroport que l'avion aura 1h30 de retard. Une fois à bord, les turbulences (les mêmes qu'à l'aller) ne m'empêchent pas de commencer ma nuit, qui ne sera pourtant efficace qu'à partir de 2h du matin, une fois enfin rentrée à la maison.

Une autre semaine de travail et je repars; cette fois, ce sera sur l'ile de Penang...

dimanche 15 juillet 2007

14 Juillet loin de France

Cette année, pas de feu d'artifice ni de pique-nique républicain; pas de bal populaire ni de guinguette... Ici, ce n'est ni un jour férié, ni un jour spécial pour personne. Loin de chez soi, on pense aux nôtres, on pense aux 14 juillet passés, on se souvient du plus beau feu d'artifice... La nostalgie et l'éloignement pourraient s'ajouter à la difficulté de s'imprégner de cultures et de pensées différentes ou encore à l'effort de l'acclimatation et de l'intégration... On pourrait envier tous nos compatriotes restés au pays...

Mais en fait, on promet à nous tous, Français expatriés à Kuala Lumpur, encore mieux que ces rassemblements de village autour de quelques pétards. L'Etat en effet, n'oublie pas ses expatriés esseulés et invite l'Ambassade à nous convier gracieusement à une réception en l'honneur de notre jour national. Mais qu'importe de fêter la Prise de la Bastille ou toute autre chose, le plus important est que ce soir, on nous offre de quoi se remplir la panse d'une nourriture dont nous désespérons tous ici de ne plus avoir et de breuvages trop chers pour les déguster régulièrement! Les buffets dressés dans le jardin de Son Excellence l'Ambassadeur sont rapidement envahis par le flot d'une foule rationnée et frustrée. Même en mangeant à ma faim ici, je ne peux pas résister longtemps à la tentation et ne tarde pas à me diriger vers le lieu de tous les envies alimentaires refoulées depuis mon arrivée.


Autour de moi, les grandes pontes expatriées, les vacanciers chanceux, les jeunes carriéristes, les stagiaires, les étudiants mais aussi les conjoints de tous ces ventres affamés s'agglutinent; personne ne manque à l'appel! Au début, on n'ose pas trop se servir des mets délicieux préparés pour l'occasion. Bientôt, on se pousse, on essaie d'esquiver les files d'attente qui se forment ou on redouble de malice pour se faire ami avec les personnes plus proches du buffet. L'appétit est alimenté par la vue de ce qu'on nous sert: diverses soupes aux légumes, pâté de campagne (dont on avait presque oublié l'existence), pain, toasts aux tomates séchées et basilic... Plus loin, des bain-maries nous font bouillonner d'impatience et se révèlent être de véritables trésors: gratin dauphinois, boeuf bourguignon, cassoulet et diverses grillades. Et au milieu, un choix et une quantité impressionnante d'alcool à volonté: pastis, vin rouge et champagne rivalisent avec autres liqueurs de qualité. Il faut se presser car le stock s'écoule aussi vite que la vitesse de la lumière.

J'entends des bruits qui courent: n'y aurait-il plus de fromages? La salle qui leur est dédiée a été prise d'assaut. Alors ceux qui ont été plus rapides partagent avec les malchanceux. Très vite, des sources bien informées nous rapportent qu'un réapprovisionnement a eu lieu. En moins de deux, me voilà téléportée dans cette caverne d'Ali Baba, à hésiter entre Roquefort, Bleu de Bresse, camembert, Reblochon et autres bries et chèvres. Le choix est délicat, alors je charge l'assiette. Je manque d'exploser: trop de calcium d'un coup, je n'ai plus l'habitude!

Néanmoins, il faut garder une place pour le dessert. Une coupe de champagne pour aider à digérer et direction la salle des pâtisseries où des colosses chocolatés s'offrent à ma gourmandise. Ceux qui aiment le chocolat ne peuvent être plus ravis. La vue seule pourrait suffire à rassasier, mais malgré tout, je ne peux me contenter de regarder avec envie cet appel à tant de plaisir culinaire... Je mange sans même avoir faim, mais l'occasion est trop belle pour refuser cette simple offrande. Imaginez vous loin de notre pays et très vite, vous vous rendrez vite compte de la chance de vivre dans LA nation gastronomique par excellence. D'ailleurs, sans fromage ni pain, je doute qu'un Français puisse être pleinement heureux! (à part les allergiques au lait et les fines bouches difficiles qui ne savent pas apprécier ce qui est bon)

Comprenez-moi, ici, on n'a pas tous les jours la chance d'être face à tant de délices raffinés et tant de délicatesses alimentaires. Et puis sachez que les riches comme les plus pauvres, nous sommes tous venus pour la même chose ce soir: se remplir jusqu'à épuisement.

A vous, contribuables, je vous remercie d'avoir financé ce festin et enchanté cette soirée d'un retour illusoire au pays. Merci pour ce beau cadeau et ce moment éphémère de bonheur. Si vous en avez assez de payer trop d'impôts, pensez à nous tous, expatriés, pour qui le simple morceau de fromage illumine la journée. Vous avez contribué à faire de ce 14 juillet un jour spécial ici. Merci!

mardi 10 juillet 2007

Etre une femme musulmane en Malaisie

Dimanche, en bonne chrétienne, je suis allée à la mosquée! A une heure de KL, à Shah Alam, on trouve la 3ème plus grande mosquée du monde, avec les plus hauts minarets et le plus large dôme religieux de la planète; en tout cas, c'est ce qui est fièrement avancé sur les brochures touristiques. Quand on demande à l'accueil quelles sont les 2 plus grandes mosquées, on ne nous comprend pas (est-ce voulu?) et on nous assomme de chiffres vantant les prouesses architecturales de l'édifice dressé devant nous. Tant pis, on ne saura pas... Mais en effet, il faut l'admettre, la mosquée est immense et impressionnante.















On arrive alors que l'imam annonce la prière. Nous devons donc attendre une petite demi-heure que la prière se termine pour enfin entrer dans ce colosse. Je vois près de l'entrée des visiteurs des robes vertes et violettes. Je commence à craindre qu'il faille que je me vêtisse à la mode musulmane! Quelle horreur, moi qui déteste me déguiser! Il faut dire que les bouts de tissus prêtés aux visiteurs ressemblent plus à des robes de chambre des années 70 qu'aux belles robes que portent les musulmanes locales. On m'autorise à me couvrir la tête avec mon étole. Une mama m'aide à fixer le foulard car je n'ai aucune idée de la manière dont il faut le porter. Avec gentillesse, elle me l'accroche avec une pince qu'elle me prête. A partir du moment où je suis convertie - au moins au niveau vestimentaire - à l'islam, je ne suis plus moi-même. C'est incroyable à quel point le foulard a le pouvoir de rendre anonyme, de priver de liberté, d'abaisser à un rang inférieur. Seule parmi un groupe de garçons, je me sens presque naturellement écartée du monde masculin, réduite à marcher loin derrière eux et à oublier ma propre personnalité. En marchant dans l'enceinte de la mosquée, j'ai l'impression d'être une none qui sacrifie sa vie à son Dieu en qui la foi est tellement grande qu'elle accepte en silence ce qui me parait être contrainte, privation de liberté et de personnalité.



Cependant, les femmes ici n'ont pas l'air malheureuses. Elles sourient sans arrêt, ont des visages doux et compatissants, leurs vêtements sont vivement colorés. Rien à voir avec les musulmanes fraîchement débarquées du Moyen-Orient pour des vacances shopping dont on ne voit ni le visage, ni les pieds, ni même parfois les yeux. Elles ne sont que des ombres noires, ressemblant à des fantômes débarqués d'outre-tombe...