Après un départ très matinal et après avoir manqué de m'endormir en attendant l'avion, me voici atterrie à Kuching - capitale de l'état du Sarawak. Je ne sais pas trop où aller, car comme souvent, je n'ai planifié aucun itinéraire. Je me rends donc à la pêche aux informations à l'office de tourisme où je décide de partir au Parc National de Bako. En attendant le bus, je tente de me familiariser avec la ville en faisant un petit tour le long de la rivière. Il n'y a pas grand chose à voir; je pars donc sans trop attendre récupérer un bus pour Bako. A la montée du bus, je croise un blanc! C'est bon signe, je dois être au bon endroit! On échange quelques mots et découvrons que nous avons l'intention tous les deux de randonner. "Allons-y ensemble, c'est plus rassurant d'avoir un compagnon de cordée!" A la sortie du bus, on monte à bord d'une barque à moteur pour un voyage d'une vingtaine de minutes à l'air marin. La destination promet d'être remarquable tant les côtes sont magnifiques: mangroves avec les arbres pieds dans l'eau, rochers et falaises escarpés, végétation luxuriante... Une fois à terre, je m'installe rapidement dans la chambre de l'auberge. Avant de pouvoir y arriver, il faut marcher sur des pontons en bois sous un toit d'arbres élevés en se méfiant des macaques quémandant aux touristes de la nourriture.
Sans trainer, nous entamons notre première randonnée du week-end. Le plan du parc nous indique une marche de 4 heures. Mais la passion de la randonnée et le rythme soutenu que l'on s'impose nous font rentrer au point de retour 2 heures avant!
C’est absurde de s'imposer de tels efforts physiques alors que la température est à son maximum et frôle sans doute les 35 degrés à l'ombre. Mais on aurait eu tort de ne pas s’infliger tant de peines… Nous traversons quelques bosquets, cheminons sur des plateaux de grès qui surplombent la mer reflétant les rayons du soleil, marchons sur des sentiers couverts de racines d’arbres immenses. Nous rentrons épuisés et moites de chaleur. La douche est bien méritée même si elle glace le sang et donne la migraine après tant de chaleur absorbée!
Apparemment pas repue de marche, la randonnée du lendemain est encore plus intense. Malgré l’effronterie des macaques qui nous dérobent notre petit déjeuner, nous voila partis sur un chemin menant à une cascade.
Les fortes pluies de la veille rendent les sentiers glissants et il faut redoubler de vigilance afin de ne pas glisser. Il fait chaud ! Une pensée m’obsède : me baigner dans cette mer que l’on voit au loin pour y trouver fraicheur et réconfort. Le chemin sera long pour atteindre cette plage nichée dans une anse emmurée de falaises abruptes. Au bout de quelques heures de marche, nous voici plantés à plusieurs centaines de mètres au dessus de cette plage au décor paradisiaque ; encore quelques efforts pour y descendre...
Je ne peux plus attendre de me jeter dans l’eau jusqu'à ce que je découvre une soixantaine de touristes français du Club Med installés sur la plage qui se goinfrent de la nourriture qu’on leur apporte. Quelle déception, quel dégoût de voir ces gros ventres se délecter de l’endroit sans qu’ils ne l’aient vraiment mérités, sans qu’ils n’aient trempé leur front de la sueur de l’effort physique non dépensé par la balade en bateau qui les a déposé ici. Mon moment de bonheur est gâché sans que ces gens ne s’en rendent compte ! Un bain rapide dans la mer, juste de quoi se rafraîchir, et nous voilà repartis sur le chemin du retour. Les premiers mètres sont rudes, mais j’oublie vite ma déception et reprend le rythme cadencé pour rentrer au camp de ravitaillement et reprendre le bateau vers mon point de départ.
Il me reste une journée à passer ici. Je m’en vais visiter des orangs-outans qu’on réhabilite. Je ne suis pas sûre d’en apercevoir, mais j’ai de la chance car une maman et son enfant arrivent, bientôt suivis par un autre couple qui les rejoint. Le spectacle est complet : les petits gambadent sur des cordes qui relient les arbres, les grands attendent sagement la nourriture qu’on leur propose. Une femelle se met en scène en posant à quelques mètres des visiteurs. On nous conseille tout de même de tenir nos distances; l’animal est impressionnant par sa taille et étonnant par son agilité.
L’heure du retour a sonné ; il est temps de faire le chemin inverse pour rentrer à KL. La nuit sera bienvenue pour trouver un repos régénérateur utile pour affronter une nouvelle semaine de travail.


2 commentaires:
vraiment un heureux hasard de feuilleter les blogs de tomber sur le tien et de me laisser porter ;emporter ailleurs!!
tu es à bornéo je suis à aulnay sous bois la pluie crépite et le vent souffle
amicales pensées
fleury
Coucou !
me revoilà après de rudes semaines passées entre appels d'offre et soirées à organiser (qui ce sont d’ailleurs très bien passées), ce début de semaine m'offre quelques instants d'accalmie alors j'en profite pour te dire que ton blog est toujours aussi bien alimenté, et tes aventures à Bornéo vraiment très alléchantes.
Je vois que tu profites des paysages un maximum et à ton rythme ! Si tu savais comme j’aimerais t’accompagner quand je lis tes quelques lignes de récit !
Je te fais de gros bisous depuis Moliets où il fait toujours un temps pourrit !
Bisous et à très vite
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