dimanche 15 juillet 2007

14 Juillet loin de France

Cette année, pas de feu d'artifice ni de pique-nique républicain; pas de bal populaire ni de guinguette... Ici, ce n'est ni un jour férié, ni un jour spécial pour personne. Loin de chez soi, on pense aux nôtres, on pense aux 14 juillet passés, on se souvient du plus beau feu d'artifice... La nostalgie et l'éloignement pourraient s'ajouter à la difficulté de s'imprégner de cultures et de pensées différentes ou encore à l'effort de l'acclimatation et de l'intégration... On pourrait envier tous nos compatriotes restés au pays...

Mais en fait, on promet à nous tous, Français expatriés à Kuala Lumpur, encore mieux que ces rassemblements de village autour de quelques pétards. L'Etat en effet, n'oublie pas ses expatriés esseulés et invite l'Ambassade à nous convier gracieusement à une réception en l'honneur de notre jour national. Mais qu'importe de fêter la Prise de la Bastille ou toute autre chose, le plus important est que ce soir, on nous offre de quoi se remplir la panse d'une nourriture dont nous désespérons tous ici de ne plus avoir et de breuvages trop chers pour les déguster régulièrement! Les buffets dressés dans le jardin de Son Excellence l'Ambassadeur sont rapidement envahis par le flot d'une foule rationnée et frustrée. Même en mangeant à ma faim ici, je ne peux pas résister longtemps à la tentation et ne tarde pas à me diriger vers le lieu de tous les envies alimentaires refoulées depuis mon arrivée.


Autour de moi, les grandes pontes expatriées, les vacanciers chanceux, les jeunes carriéristes, les stagiaires, les étudiants mais aussi les conjoints de tous ces ventres affamés s'agglutinent; personne ne manque à l'appel! Au début, on n'ose pas trop se servir des mets délicieux préparés pour l'occasion. Bientôt, on se pousse, on essaie d'esquiver les files d'attente qui se forment ou on redouble de malice pour se faire ami avec les personnes plus proches du buffet. L'appétit est alimenté par la vue de ce qu'on nous sert: diverses soupes aux légumes, pâté de campagne (dont on avait presque oublié l'existence), pain, toasts aux tomates séchées et basilic... Plus loin, des bain-maries nous font bouillonner d'impatience et se révèlent être de véritables trésors: gratin dauphinois, boeuf bourguignon, cassoulet et diverses grillades. Et au milieu, un choix et une quantité impressionnante d'alcool à volonté: pastis, vin rouge et champagne rivalisent avec autres liqueurs de qualité. Il faut se presser car le stock s'écoule aussi vite que la vitesse de la lumière.

J'entends des bruits qui courent: n'y aurait-il plus de fromages? La salle qui leur est dédiée a été prise d'assaut. Alors ceux qui ont été plus rapides partagent avec les malchanceux. Très vite, des sources bien informées nous rapportent qu'un réapprovisionnement a eu lieu. En moins de deux, me voilà téléportée dans cette caverne d'Ali Baba, à hésiter entre Roquefort, Bleu de Bresse, camembert, Reblochon et autres bries et chèvres. Le choix est délicat, alors je charge l'assiette. Je manque d'exploser: trop de calcium d'un coup, je n'ai plus l'habitude!

Néanmoins, il faut garder une place pour le dessert. Une coupe de champagne pour aider à digérer et direction la salle des pâtisseries où des colosses chocolatés s'offrent à ma gourmandise. Ceux qui aiment le chocolat ne peuvent être plus ravis. La vue seule pourrait suffire à rassasier, mais malgré tout, je ne peux me contenter de regarder avec envie cet appel à tant de plaisir culinaire... Je mange sans même avoir faim, mais l'occasion est trop belle pour refuser cette simple offrande. Imaginez vous loin de notre pays et très vite, vous vous rendrez vite compte de la chance de vivre dans LA nation gastronomique par excellence. D'ailleurs, sans fromage ni pain, je doute qu'un Français puisse être pleinement heureux! (à part les allergiques au lait et les fines bouches difficiles qui ne savent pas apprécier ce qui est bon)

Comprenez-moi, ici, on n'a pas tous les jours la chance d'être face à tant de délices raffinés et tant de délicatesses alimentaires. Et puis sachez que les riches comme les plus pauvres, nous sommes tous venus pour la même chose ce soir: se remplir jusqu'à épuisement.

A vous, contribuables, je vous remercie d'avoir financé ce festin et enchanté cette soirée d'un retour illusoire au pays. Merci pour ce beau cadeau et ce moment éphémère de bonheur. Si vous en avez assez de payer trop d'impôts, pensez à nous tous, expatriés, pour qui le simple morceau de fromage illumine la journée. Vous avez contribué à faire de ce 14 juillet un jour spécial ici. Merci!

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Eh oui, c'est vrai qu'à force de se gaver de bonnes choses on en oublie notre chance...

Alors Hélène saches que dès aujourd'hui et ce jusqu'à ton retour, je dégusterais tous les jours les bons plats traditionnels de ma mère et tous les morceaux de fromages que j'ai le plaisir d'avoir à portée comme si c'était les premiers et en pensant très fort à toi.

Bon courage pour la suite de ton régime alimentaire malaisien!
Céline

Anonyme a dit…

Salut cousine,

Voilà plus d'une heure que je suis scotchée à l'écran de mon ordi en train d'admirer tes photos et lire tes commentaires...(C'est Aurore qui m'a dit: Vas-y tu vas voir c'est super!)
Vraiment Bravo! J'ai du mal à décrocher!
Pourtant il va bien falloir car l'envie de repartir en voyage revient au galop et ce n'est pas au programme cette année!

Je te souhaite bon courage pour lutter contre ton envie de fromage et autres délices français...

A bientôt (je reviendrai suivre tes aventures...)

Angélique